Les âmes mortes

Un film de feu et de dévotion, geste de courage et de défi, inscription inédite par son ampleur de la tragédie du peuple chinois sous le joug communiste.

Dans la province du Gansu, au nord-ouest de la Chine, les ossements d’innombrables prisonniers morts de faim il y a plus de soixante ans, gisent dans le désert de Gobi. Qualifiés de «ultra-droitiers» lors de la campagne politique anti-droitiers de 1957, ils sont morts dans les camps de rééducation de Jiabiangou et de Mingshui. Le film nous propose d’aller à la rencontre des survivants pour comprendre qui étaient ces inconnus, les malheurs qu’ils ont endurés, le destin qui fut le leur.

NOTRE AVIS / Suite du travail implacable de mémoire de Wang Bing. En dépit de l’indifférence de son propre peuple envers son passé politique rouleau-compresseur, le réalisateur passe des milliers d’heures à chercher la vérité. Ici, il se concentre sur un lieu, le désert de Gobi, qui fut le tombeau ouvert de milliers de ses compatriotes dans les années fin 50-60. Ce réalisateur habitué du Festival des 3 Continents nous livre un film-fleuve tel qu’il en a l’habitude (souvenons-nous de A l’ouest des rails au début de sa carrière), avec des images que l’on a du mal à croire, par exemple des os (d’humains de sacrifiés du Régime) qui durcissent au soleil en pleine nature, au vu et au su de tous, depuis des décennies, sans que personne ne s’en émeuve …