Nos livres bien-aimes

Les lignes écrites en italique sont le reflet de notre ressenti. Géraldine et Cécile donnent tour à tour leurs coups de coeur. Les autres lignes sont extraites des textes des éditeurs. Tous les livres ci-dessous nous ont particulièrement tapé dans l’œil et ont été lus de la première à la dernière ligne !

NOS PREMIERS COUPS DE COEUR DE LA RENTREE LITTERAIRE ETE/AUTOMNE 2017

MAKING OF

de Xavier Durringer

Vous êtes au cinéma. Sur l’écran, un homme et une femme font l’amour. La lumière est magnifique, le cadre parfait. Un long mouvement de travelling, à peine perceptible, fixe l’instant. Ils s’aiment, c’est sûr ! Mais que s’est-il passé une heure avant et une heure après sur le plateau ? Ça, heureusement, assis dans votre fauteuil, vous ne le saurez jamais ! C’est ce qu’on appelle la magie du cinéma…

Un ancien taulard qui s’improvise acteur et s’obstine à ne pas dire son texte, son remplaçant retrouvé nu accroché à un arbre dans le maquis corse en train de manger des gambas, un assistant séquestré dans le coffre d’une voiture, une actrice qui se prend une mandale au moment le plus chaud d’une scène d’amour, et Corso, le réalisateur, qui entre tendresse et exaspération envers son équipe tente désespérément de maîtriser ce chaos…

Avec Making of, Xavier Durringer nous fait passer de l’autre côté du miroir et nous dévoile les coulisses rocambolesques d’un tournage déjanté. Il y a des voitures cassées, un restaurant de Calvi braqué, il y a des pleurs et des cris, des négociations secrètes, des tractations interminables… Et une incroyable histoire d’amour digne des meilleures comédies romantiques américaines. Vous pensez que tout ceci n’est que pure fiction ? Editions Le Passage

Petite critique (positive!), à venir, de Cécile

Rencontre ! Xavier Durringer et Marion Vernoux seront aux Bien-aimés le vendredi 13 octobre à 19h pour une rencontre croisée + dédicace. Entrée libre. Sur notre site internet, aller dans l’onglet Les événements à venir pour plus de détails.

 

MOBILE HOME

de Marion Vernoux

« J’avais envie de raconter ma vie. Je croyais dur comme fer aux paroles dites. Avec lui, on pouvait discuter : du cinéma, des amis, des parents, des enfants mais pas d’amour. Et moi, ce qui m’intéressait, c’était l’amour.

Il a fallu que je perde toutes les batailles, que je me retrouve seule, loin, très loin de l’ambitieux projet qui m’animait, à savoir cumuler tous les amours, obtenir tous les trophées, être de toutes les fêtes, remplir tous les vides, que je contemple ce tas de ruines avec mes seuls yeux pour pleurer (les acteurs et témoins de ma déconfiture ayant quelques longueurs d’avance sur moi, depuis longtemps conscients que j’allais dans le mur) pour comprendre que j’avais cassé le précieux jouet qui m’avait été offert, tandis que je m’égosillais à répéter sur tous les tons : Aimez-moi, écoutez-moi, comprenez-moi, prenez-moi. » M.V.

À défaut d’avoir pu empêcher la mort de ses parents, la fin annoncée de son mariage, le déclin de sa carrière et l’arrivée de la cinquantaine, Marion Vernoux sauve les meubles. Maniant l’humour et la distanciation avec un art consommé de l’autodérision, elle nous entraîne dans une ronde où ceux qui l’entourent semblent défier le vieillissement et la mort. Un petit traité d’insolence et d’optimisme. Editions de L’Olivier

Petite critique (positive!), à venir, de Géraldine

 

COURIR AU CLAIR DE LUNE AVEC UN CHIEN VOLE

de Callan Wink

Sous une lune gibbeuse, un jeune homme nu traverse la nuit en courant aux côtés d’un chien galeux. À leurs trousses : Montana Bob et Charlie Chaplin, deux lascars prêts à tout pour récupérer l’animal et se venger du voleur.
Cette nouvelle, qui ouvre le recueil de Callan Wink, donne le ton : une énergie et une originalité qui saisissent le lecteur dès les premières lignes. Dans les grands espaces du Montana, tous ses personnages sont tiraillés entre le poids des responsabilités et les charmes de la liberté. Saluées par Jim Harrison et Thomas McGuane, les deux maîtres des lettres de l’Ouest américain, les nouvelles de Callan Wink, vibrantes d’intelligence et d’humanité, marquent l’arrivée tonitruante d’un jeune écrivain qui n’a pas fini de nous surprendre. éditions Albin Michel

Inoubliable recueil de nouvelles que celui-ci qui nous narre avec empathie et distance à la fois les destins d’américain/e/s désargenté/e/s de notre temps. Ils sont d’origine souvent modestes et les frustrations sont nombreuses qui leur font braver quelques interdits. Les héros de Callan Wink font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont, un héritage du grand Ouest souvent minimal aussi bien matériellement que culturellement. Un nouvel auteur de l’Ouest apparait ici et on retrouve sous sa plume si fine la place de la frontière et les fantasmes qui vont avec. A découvrir absolument. Cécile  

Rencontre ! Callan Wink sera aux Bien-aimés le jeudi 16 novembre à 19h pour une rencontre  + dédicace. Entrée libre. Sur notre site internet, aller dans l’onglet Les événements à venir pour plus de détails.

 

L’ART DE PERDRE

de Alice Zeniter

L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.
Editions Flammarion 22€

C’est avec finesse et intelligence, style également, qu’Alice Zeniter aborde son sujet, très en vogue en cette rentrée littéraire. Elle y narre l’histoire de la jeune Naïma, petite-fille de harki, née en France dans les années 80, et Parisienne branchée au moment du roman. Naïma arrive à un moment de sa vie où elle est relativement perdue, en tout cas en ce qui concerne son histoire familiale. Alice Zeniter lui fait remonter la pelote générationnelle et le roman débute dans les années 20 en pleines montagnes kabyles. Puis viendront la Seconde Guerre Mondiale et là, le front italien, puis la guerre d’Algérie, dans les montagnes, le positionnement plus ou moins spontané des Algériens dans tel ou tel camp, puis l’arrivée en France, le camp, les HLM, la descendance, Naïma elle-même … Ce long roman prend le temps et nous fait vraiment rencontrer les personnages. Nous traversons toutes ces étapes de vie, souvent douloureuses, avec douceur malgré tout. La douceur d’une écrivaine qui a elle-même malaxé cette question des origines, qui s’y est frotté sans doute avec passion, avant de nous livrer un texte de paix. Géraldine

 

L’IVRESSE DU SERGENT DIDA

de Olivier Rogez

Soldat déprimé au sein d’une armée laissée à l’abandon, le sergent Dida se contente de survivre. Il ne croit plus en rien. Un jour pourtant, la chance s’arrête sur le seuil de sa vie.

Dans une station-service écrasée de soleil, un officier jette son mégot dans une flaque d’hydrocarbure. Ce mépris souverain pour la mort enflamme l’imagination du sergent. Il vient de rencontrer son héros…
Ici, dans cette terre d’Afrique de l’Ouest qui l’a vu naître, tandis que le dictateur se meurt, Dida entreprend son ascension vers le pouvoir. Mais le destin est une camisole. Saura-t-il s’en libérer ? Échapper au rôle que tous veulent lui faire jouer ? Editions Le passage

Grandeur et décadence d’un jeune homme qui espère changer le monde. Voilà le bel élan vital qui anime ce premier roman. On y croit, avec lui, puisque la chance a tourné du bon côté. On se met à s’enflammer pour les velléités de changer ce pays d’Afrique et que pour une fois, l’accès au pouvoir soit synonyme de révolution véritable, pour le peuple. On sent qu’Olivier Rogez connait bien les méandres des pouvoirs, divers et variés, et on pense à certains hommes qui ont marqué l’histoire récente du continent Africain et qui avait su trouver les mots pour enthousiasmer les foules, tel Thomas Sanakara.  Cécile

 

TON PERE

de Christophe Honoré

Christophe vit à Paris avec sa fille de 10 ans. Un jour, la petite fille trouve un papier accroché à leur porte avec ces mots : « Guerre et paix : contrepèterie douteuse ». Très vite, tout s’emballe, devient presque polar. Qui a écrit ces mots ? Qui le soupçonne d’être un mauvais père ? Peut-on être père et gay, c’est bien la question qu’on est venu lui poser, de façon malveillante… À partir de cet événement et de la stupéfaction qu’il produit en lui, Christophe Honoré construit le fulgurant autoportrait romancé d’un homme d’aujourd’hui. Cinéaste, metteur en scène de théâtre et d’opéra, écrivain, auteur de livres pour la jeunesse, Christophe Honoré signe là un livre puissant d’une grande liberté. Editions Mercure de France

 

MISTRAL PERDU OU LES EVENEMENTS

d’Isabelle Monnin

C’est une histoire intime, deux sœurs grandissent ensemble dans la France provinciale des années 1980 ; et puis l’une meurt. C’est une histoire politique, on croit qu’on appartient à un tout ; et puis on ne comprend plus rien.
C’est l’histoire du je et du nous, ces deux-là s’intimident, ils se cherchent, parfois ils se trouvent ; et puis ils se déchirent. C’est l’histoire de valeurs, elles disent qui on est ; et puis elles se laissent bâillonner. C’est l’histoire d’un chanteur préféré, tendre et rebelle ; et puis il finit par embrasser les flics. C’est l’histoire d’un hier, où ne comptait que le futur ; et puis des aujourd’hui, malades du passé.
C’est l’histoire d’un monde qui se croyait fort et paisible ; et puis il réapprend la haine.
C’est l’histoire qui nous arrive ; et puis l’impression de ne plus y arriver.
C’est une nostalgie, sans doute, mais pas seulement : dans la mémoire de ce qui fut, demeurent peut-être les graines de ce qui renaîtra, après la catastrophe. Editions JC Lattès

Enfant des années 70, 80, 90, nous nous retrouvons dans ce portrait de société française … le livre est jalonné d’événements politiques fondateurs, anecdotiques, signifiants. C’est le livre d’une génération, et le livre d’une, de plusieurs douleurs innommables, dans lesquelles nous nous croisons également, comme dans un miroir. Le deuil, la perte, les souvenirs. Que faire avec ce qui nous encombre, nous assombrit, nous plombe. Un livre ! Un beau livre touchant. Géraldine

 

LE SYMPATHISANT

de Viet Thanh Nguyen

À la fois fresque épique, reconstitution historique et oeuvre politique, un premier roman à l’ampleur exceptionnelle, qui nous mène du Saigon de 1975 en plein chaos au Los Angeles des années 1980. Saisissant de réalisme et souvent profondément drôle, porté par une prose électrique, un véritable chef-d’oeuvre psychologique. La révélation littéraire de l’année.

Je suis un espion, une taupe, un agent secret, un homme au visage double.

Ainsi commence l’hallucinante confession de cet homme qui ne dit jamais son nom. Un homme sans racines, bâtard né en Indochine coloniale d’un père français et d’une mère vietnamienne, élevé à Saigon mais parti faire ses études aux États-Unis. Un capitaine au service d’un général de l’armée du Sud Vietnam, un aide de camp précieux et réputé d’une loyauté à toute épreuve.
Et, en secret, un agent double au service des communistes. Un homme déchiré, en lutte pour ne pas dévoiler sa véritable identité, au prix de décisions aux conséquences dramatiques. Un homme en exil dans un petit Vietnam reconstitué sous le soleil de L.A., qui transmet des informations brûlantes dans des lettres codées à ses camarades restés au pays. Un homme seul, que même l’amour d’une femme ne saurait détourner de son idéal politique.. Editions Belfond 23.50€

Petite critique (positive!), à venir, de Géraldine

 

LES AVENTURES DE RUBEN JABLONSKI

de Edgar Hilsenrath

Arraché à l’insouciance et l’espièglerie de l’enfance par la terreur nazie, le jeune Ruben Jablonski se retrouve à la sortie de la Seconde Guerre mondiale dans une situation désespérée. Libéré d’un ghetto, séparé de sa famille et à la recherche d’un nouveau destin, il s’engage dans un périple épique qui le conduit de la Roumanie aux États-Unis, en passant par l’Ukraine, la Turquie, la Palestine et la France…
Les réminiscences enfantines, l’humanité qui survit à l’horreur et l’amour de la littérature pour unique boussole confèrent aux Aventures de Ruben Jablonski une force et un humour rares. Edgar Hilsenrath a écrit ce roman en 1997 – bien après les autres livres qui lui avaient déjà apporté une renommée internationale – et il fait la bouleversante synthèse des quinze années qui ont vu sa vie basculer. Editions Le Tripode 19€

Petite critique (positive!), à venir, de Géraldine

 

DE L’ARDEUR

de Justine Ogier

Avocate, militante des droits de l’homme, fi gure de la dissidence syrienne, Razan Zaitouneh s’appliquait à docu-menter les crimes commis dans son pays par le régime mais aussi par les groupes intégristes, à recueillir la parole de ceux qui avaient survécu à la torture et à l’enfermement – quand, en décembre 2013, elle fut enlevée avec trois de ses compagnons de lutte. Depuis lors, on est sans nouvelles. De l’ardeur reconstitue son portrait, recompose le puzzle éclaté de la révolution en Syrie, et du °crime permanent˛ qu’est devenu ce pays.
En découvrant son combat et son sort, Justine Augier, qui a elle-même mis à distance ses premiers élans huma-nitaires, est saisie par la résonance que cet engagement aussi total qu’épris de nuances trouve dans ses propres questionnements. Récit d’une enquête et d’une obsession intime, partage d’un vertige, son livre est le lieu de cette rencontre, dans la brûlure de l’absence de Razan.
Plongée dans l’histoire au présent, De l’ardeur nous donne un accès précieux à cette réalité insaisissable dans son assassine absurdité, et si violemment parallèle à notre confort occidental peu à peu menacé. Et ce, dans un respect absolu de la dignité du langage, dans la lucidité d’une impuissance certaine et néanmoins étrangère à toute red-dition.

Editions Actes Sud 21.80€

Rencontre ! Justine Augier sera aux Bien-aimés le jeudi 23 novembre à 19h pour une rencontre croisée – dédicace. Entrée libre. Sur notre site internet, aller dans l’onglet Les événements à venir pour plus de détails.

Petite critique (positive!), à venir, de Cécile

 

NOTRE VIE DANS LES FORETS

de Marie Darrieussecq

« Il faut que je raconte cette histoire. Il faut que j’essaie de comprendre en mettant les choses bout à bout. En rameutant les morceaux. Parce que ça ne va pas. C’est pas bon, là, tout ça. Pas bon du tout. »
Ces mots sont parmi les premiers du nouveau roman de Marie Darrieussecq (roman qui s’est imposé à elle alors qu’elle travaillait sur un autre projet et qu’elle a écrit d’une seule traite, comme poussée par une nécessité impérieuse). De ce roman, ils indiquent la tonalité et le mode narratif. C’est un roman à la première personne, où l’héroïne découvre au fur et à mesure qu’elle la raconte toutes les causes et les conséquences de son histoire. Nous sommes donc dans une forêt (« nous » car la manière dont le livre est écrit impose une identification du lecteur). Le personnage principal, une femme qui fut autrefois psychothérapeute, s’y cache avec d’autres. D’autres ? Des compagnons de fuite, loin d’un monde qu’on devine menaçant pour eux et qui les traque. Mais aussi avec des êtres étranges, comme flottants, mais qui leur ressemblent de manière frappante, des sosies ? Leurs clones, en fait qu’ils ont emmenés avec eux dans leur fuite.
Cette dystopie, qui se situe dans la postérité de Le meilleur des mondes, comme dans celle de 1984 ou de Fahrenheit 451, nous raconte une histoire de trafic d’organes, de gérontocratie, de totalitarisme sanitaire et politique.  Marie Darrieussecq, avec ce personnage très légèrement en retard sur les événements, et à ce titre bouleversant, renoue avec la veine de Truismes. Editions P.O.L 16€

Nous avions beaucoup aimé son dernier livre « Etre ici est une splendeur » chez P.O.L également (son regard sur la peintre Paula Modersohn-Becker) et bien nous aimons aussi beaucoup ce livre-ci, pourtant fort différent. Marie Darrieussecq avance là en peintre impressionniste et dévoile la narration par à-coups, petites touches de couleurs et d’époques différentes. On est un peu perdu, tel est le but. C’est un peu froid, à l’image de ce qui est raconté, glaçant sur notre humanité et le chemin qu’elle prend. C’est un livre pertinent qui nous laisse des sensations troublantes, flippantes et nous aide à réfléchir sur ce que l’on a envie de devenir, en tant que masse humaine. Un livre également sur la résistance, d’une certaine façon. La résistance à l’époque, la technologie, l’égoïsme … le futur ? Géraldine

 

LES TALONS ROUGES

de Antoine de Baecque

Juin 1789, l’Ancien Monde bascule. Les Villemort forment une longue lignée d’aristocrates, un clan soudé par l’idée ancestrale de leur sang pur, un sang dont précisément cette famille se délecte. Les Villemort, ces « talons rouges », sont aussi des vampires. Deux d’entre eux veulent renoncer au sang de la race pour se fondre dans la communauté des égaux. Ils sont les héros de ce roman oscillant entre le fantastique et le réel des journées révolutionnaires. Voici William, l’oncle revenu d’Amérique, qui a pris là-bas le goût de la liberté et épouse la cause des esclaves affranchis, s’entourant d’une garde couleur ébène. Voici Louis, le neveu exalté, beau, précipité dans l’action révolutionnaire, épris de Marie de Méricourt jusqu’à lui donner la vie éternelle. Comment échapper à la malédiction venue du fond des âges ? Editions Stock 20€

On se délecte à suivre le parcours étonnant des Villemort au milieu des tremblements politiques, éthiques, esthétiques de cette période révolutionnaire. Le récit est fait de chair et de sang, nous rappelle très clairement d’où vient notre soif de liberté encore aujourd’hui. Un roman moderne, aussi coloré et questionnant que le fut le film « La Reine Margot » à son époque. Cécile

 

LE DEJEUNER DES BARRICADES

de Pauline Dreyfus

Mai 68 : tous les cocktails ne sont pas Molotov. À quelques centaines de mètres de la Sorbonne où les étudiants font la révolution, l’hôtel Meurice est occupé par son personnel. Le plus fameux prix littéraire du printemps, le prix Roger-Nimier, pourra-t-il être remis à son lauréat, un romancier inconnu de vingt-deux ans ?
Sous la houlette altière et légèrement alcoolisée de la milliardaire Florence Gould, qui finance le prix, nous nous faufilons parmi les membres du jury, Paul Morand, Jacques Chardonne, Bernard Frank et tant d’autres célébrités de l’époque, comme Salvador Dalí et J. Paul Getty. Dans cette satire des vanités bien parisiennes passe le personnage émouvant d’un vieux notaire de province qui promène son ombre mélancolique entre le tintement des verres de champagne et les réclamations de « rendre le pouvoir à la base ». Une folle journée où le tragique se mêle à la frivolité. Editions Grasset 18€

Pauline Dreyfus a le talent unique de démonter les rouages d’un milieu avec acuité, la précision de celle qui s’est documentée mais qui veut rendre son savoir aux lecteurs avec le plaisir comme dénominateur commun. Il n’est pas besoin de tout nous raconter par le détail pour humer parfaitement l’ambiance de cet hôtel et de l’époque choisie. Le contexte est précis mais ce qui compte, c’est le ton avec lequel Pauline Dreyfus nous promène. Ce roman est réjouissant et en dit long sur l’entre-soi littéraire  et politique de la France, si loin (1968), si proche. Au passage, l’auteure nous révèle un grand romancier français sous un jour très original, avec tout le tact et la pudeur dont ses mots sont capables. Après « Ce sont des choses qui arrivent », précédent roman de P. Dreyfus, lire « Le déjeuner des barricades » est une partie de plaisir et on pourrait d’ailleurs penser au style de Max Ophuls (Le plaisir) mêlé à celui de Jean Renoir pour le décrireCécile

 

LA TANCHE

de Inge Schilperoord

Couronné par le Bronze Owl, nommé cinq fois livre de l’année par la presse, finaliste des plus grands prix littéraires, un premier roman qui a semé le trouble aux Pays-Bas en s’attaquant à un sujet tabou : entrer dans la tête d’un homme en lutte contre lui-même et contre ses pulsions pédophiles. Sombre et captivante, une lecture choc et pourtant nécessaire.
En cette étouffante journée d’été, Jonathan sort de prison. Dans le bus qui le ramène chez sa mère, il se répète ce que lui a dit le psychologue : ce n’est pas lui qui est mauvais, ce sont ses actes. Et s’il parvient à organiser rigoureusement ses journées, il sera un homme meilleur.
Jonathan se le promet. Il va s’occuper de sa mère asthmatique, retourner travailler à l’usine de poissons, promener le chien, aller à la pêche. Il restera seul, il ne parlera à personne, il va s’occuper les mains, l’esprit, tout faire pour ne pas replonger. Car il le sait, s’il a été libéré, faute de preuves, le psy a parlé d’un taux de récidive de 80 %. Il ne doit pas se laisser déborder à nouveau. Or, dans ce quartier en démolition où vit sa mère, vivent aussi une jeune femme et sa fillette. Editions Belfond 21€

«La Tanche nous entraîne dans des recoins dont nous préfèrerions nous tenir éloignés mais à quoi cela nous avancerait-il ? Aussi sombre qu’impressionnant. » De Volskrant

« Il y a bien longtemps que je n’avais lu une histoire aussi saisissante. Quelque part, La Tanche me fait penser à Dostoïevski ou à Céline. » Frans Stüger, critique littéraire

Il est vrai que l’on hésite à saisir un livre avec un tel sujet. On se dit que cela va être bien pénible. Mais il faut passer ce cap de la répulsion bien légitime et lire « La tanche ». Car il s’agit de la vie réelle. On est loin d’un livre qui surfe sans nuance sur un sujet graveleux ou glauque. L’auteure est également psychologue dans le monde médico-légal, et c’est en faisant ce travail-là et en se confrontant avec un pédophile, en recueillant sa parole, que le livre a germé en elle. Inge Schilperoord nous propose un texte qui paraît simple mais qui lui a demandé des années d’écriture et de réflexion. « La tanche » est un roman que nous vous conseillons ardemment. Géraldine

 

LES VACANCES

de Julie Wolkenstein

Automne 1952 : dans un château délabré de l’Eure, Éric Rohmer tourne Les Petites Filles modèles. C’est son premier long métrage. Presque achevé, jamais sorti au cinéma, il a disparu.Printemps 2016 : Sophie, une prof d’université spécialiste de la comtesse de Ségur, et Paul, un jeune homme qui consacre sa thèse à des films introuvables, traversent ensemble la Normandie à la recherche de traces, de témoins, d’explications : Joseph Kéké, l’étudiant béninois qui a produit le film, a-t-il vraiment cassé une dent à une strip-teaseuse poétesse ? À quoi servent les châteaux en ruine ? Quel rapport entre la comtesse de Ségur, Éric Rohmer et le cinéma érotique des années 1970 ? Chemin faisant, c’est avant tout sur eux-mêmes que Paul et Sophie enquêtent. Editions P.O.L 18.90€

Petite critique (positive!), à venir, de Géraldine

 

CLIMATS DE FRANCE

de Marie Richeux

Tout commence à Alger en 2009, avec l’émotion profonde de Marie au moment où elle découvre « Climat de France », le bâtiment qu’y construisit Fernand Pouillon. La pierre de taille, les perspectives imposantes, elle les connaît intimement : elle a grandi à Meudon-la-Forêt, dans un ensemble bâti par le même architecte.
Mue par le désir de comprendre ce qui mystérieusement relie les deux lieux, elle plonge dans leur passé, et dans celui de leurs habitants. Plusieurs récits s’entrelacent, comme autant de fragments d’une histoire dont elle traque le motif entre l’Algérie et la France. Comme en écho à l’émotion fondatrice, celle du lecteur naît de la manière dont l’écrivain laisse s’élever les voix de ces hommes et de ces femmes que l’histoire, parfois à leur insu, a traversés et qui, de part et d’autre de la Méditerranée, obstinément et silencieusement ont déroulé leur existence. Editions Sabine Wespieser

Un livre que nous avons beaucoup aimé pour de multiples raisons. La principale est sans doute la finesse qui se dégage de tout cela, en plus d’une forme inédite, un propos sur l’architecture, notre histoire, petite et grande qui s’entremêlent dans ce récit protéiforme. Ce livre ouvre délicatement de nouvelles portes de compréhension et d’affection sur l’Algérie. Géraldine

 

UNDERGROUND RAILROAD

de Colson Whitehead

« Un roman puissant et presque hallucinatoire. Une histoire essentielle pour comprendre les Américains d’hier et d’aujourd’hui. » The New York Times. L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. À la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une œuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire. Editions Albin Michel

Brrrr, plongée en apnée dans les eaux glauques du racisme sans nuance qui caractérisait l’esclavagisme aux Etats-Unis. On saisit le roman, on le dévore, on est navré, on est en colère, vaste et juste colère qui rend un peu justice, à travers la littérature, à tant d’être humains sacrifiés, meurtris, balayés, mais heureusement pas noyés dans l’oubli. Un beau et vaste roman. A lire !! Géraldine

 

POINT CARDINAL

de Léonor De Récondo

Sur le parking d’un supermarché, dans une petite ville de province, une femme se démaquille méticuleusement, tristement. Enlever sa perruque, sa robe de soie, rouler ses bas sur ses chevilles : ses gestes ressemblent à un arrachement. Bientôt, celle qui, à peine une heure auparavant, volait quelques instants de joie et dansait à corps perdu sera devenue méconnaissable. Laurent, en tenue de sport, a remis de l’ordre dans sa voiture et dissimulé dans le coffre la mallette contenant ses habits de fête. Il s’apprête à retrouver femme et enfants pour le dîner. Petit garçon, Laurent passait des heures enfermé dans la penderie de sa mère, détestait l’atmosphère virile et la puanteur des vestiaires après les matchs de foot. Puis il a grandi, a rencontré Solange au lycée, il y a vingt ans déjà. Leur complicité a été immédiate, ils se sont mariés, Thomas et Claire sont nés, ils se sont endettés pour acheter leur maison. Solange prenait les initiatives, Laurent les accueillait avec sérénité. Jusqu’à ce que surviennent d’insupportables douleurs, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus réfréner ses envies incontrôlables de toucher de la soie, et que la femme en lui se manifeste impérieusement. De tout cela, il n’a rien dit à Solange. Sa vie va basculer quand, à la faveur de trois jours solitaires, il se travestit pour la première fois chez eux. À son retour, Solange trouve un cheveu blond… Editions Sabine Wespieser

Merci à L. De Récondo d’avoir trouvé les mots simples, la situation précise pour nous narrer comment questionner un changement de sexe aux yeux du monde. Le roman ne raconte pas le parcours personnel d’un homme qui veut devenir femme mais l’étape suivante, celle où il faut assumer partout, pour tout. Le roman ne répond donc pas à toutes les attentes de la question sur le changement de sexe, cela n’est pas son propos. Rendre ce sujet aussi discutable que n’importe quel autre sera l’une des conséquences positives de ce beau roman. Il y a des temps où les causes avancent, avec « Lola pater » en film et « Point cardinal » en livre, en cette rentrée 2017, la cause des transexuel-le-s dans l’opinion publique progresse. Tant mieux.  Cécile

 

MERCY, MARY, PATTY

de Lola Lafon

En février 1974, Patricia Hearst, petite-fille du célèbre magnat de la presse William Randolph Hearst, est enlevée contre rançon par un groupuscule révolutionnaire dont elle ne tarde pas à épouser la cause, à la stupéfaction générale de l’establishment qui s’empresse de conclure au lavage de cerveau.
Professeure invitée pour un an dans une petite ville des Landes, l’Américaine Gene Neveva se voit chargée de rédiger un rapport pour l’avocat de Patricia Hearst, dont le procès doit bientôt s’ouvrir à San Francisco. Un volumineux dossier sur l’affaire a été confié à Gene. Pour le dépouiller, elle s’assure la collaboration d’une étudiante, la timide Violaine, qui a exactement le même âge que l’accusée et pressent que Patricia n’est pas vraiment la victime manipulée que décrivent ses avocats… Editions Actes Sud 19.80€

Lola Lafon est en pleine forme littéraire. L’auteure, au delà de nous fasciner avec un fait-divers qui a marqué l’Amérique des 70′, oriente notre regard sur les femmes qui ont décidé, de se « décaler ». De déjouer le sort qui leur était assigné. On aime beaucoup. Géraldine

 

LE JOUR D’AVANT

de Sorj Chalandon

Suite au décès de son frère Joseph, mineur, à cause d’un coup de grisou survenu à la fosse Saint-Amé à Liévin le 27 décembre 1974, Michel Flavent quitte le nord de la France pour Paris dans l’attente du moment propice pour venger cette mort. Quarante ans après la catastrophe, veuf et sans attache, il rentre au pays pour punir le dernier survivant, un vieux contremaître, et enfin tourner la page. Editions Grasset 20.90€

Impossible de quitter le destin de ce Michel après 5 pages tournées. S. Chalandon nous embarque dans une nouvelle « légende », une vie fendue dès l’enfance, parcourue à force de strates d’inventions pour s’en sortir. Un roman moins « autobio » que les autres mais en réalité qui réunit les obsessions de son auteur : l’héritage, le partage, la trahison, la torsion du réel … La dramaturgie de ce roman est tordue, l’auteur nous mène là où il veut pour remettre son héros entre les mains de la justice. Prison intérieure ou prison réelle, s’en remettre à la justice pour devenir officiellement coupable, toutes ces questions sont posées dans ce « Jour d’avant ». Cécile

 

Coups de coeur rentrée livres de poche

PETIT PAYS

de Gaël Faye

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l’harmonie familiale s’est disloquée en même temps que son « petit pays », le Burundi, ce bout d’Afrique centrale brutalement malmené par l’Histoire.
Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de cœur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d’orage, les jacarandas en fleur… L’enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais. Editions Le livre de poche 7.10€

Petite critique (positive!), à venir, de Géraldine

 

HISTOIRE DU LION PERSONNE

de Stéphane Audeguy

« Il est absolument impossible de raconter l’histoire du lion Personne, qui vécut entre 1786 et 1796 d’abord au Sénégal, puis en France. Cependant, rien ne nous empêche d’essayer. » S. A. Editions Points 5.50€

Né en 1964, Stéphane Audeguy a publié en 2005 son premier roman, La Théorie des nuages, traduit dans plus de vingt langues, puis Fils unique, Nous autres et Rom@. Il enseigne également l’histoire du cinéma et des arts.

Petite critique (positive!), à venir, de Géraldine

 

ETRE ICI EST UNE SPLENDEUR. Vie de Paula M. Becker

de Marie Darrieussecq

Paula Modersohn-Becker voulait peindre et c’est tout. Elle était amie avec Rilke. Elle n’aimait pas tellement être mariée. Elle aimait le riz au lait, la compote de pommes, marcher dans la lande, Gauguin, Cézanne, les bains de mer, être nue au soleil, lire plutôt que gagner sa vie, et Paris. Elle voulait peut-être un enfant – sur ce point ses journaux et ses lettres sont ambigus. Elle a existé en vrai, de 1876 à 1907. Editions Folio 5.90€

Sortie poche du très beau roman biographique et original qu’avait fait M. Darrieussecq à l’occasion de la première exposition de cette peintre. Une ode à la liberté et qui donne furieusement envie de lire ou relire R. M. Rilke. Cécile

 

Les livres bien-aimés toujours en rayon …

Les jours enfuis

de Jay McInerney

Auteur américain, new-yorkais tel qu’on les aime ! Un grand talent de narration qui nous embarque au coeur d’une histoire de couple en crise au sein d’un New York fascinant. New York est un des personnages principaux et mouvants de ce roman : gentrification, spéculation immobilière, folles soirées de donation où tout dégénère, le strass et les paillettes, le monde un peu dingue de l’édition … Nous nous sommes régalées de ce bon gros roman que l’on peut qualifier de « roman de l’été » sans complexes ! Géraldine

Editions de l’Olivier 22.50€

 

L’ordre du jour

de Eric Vuillard

Une plume française que nous aimons de livre en livre. E. Vuillard nous raconte à sa façon si personnelle quelques événements situés entre 1933 et 1938, entre l’arrivé de Hitler au pouvoir et l’annexion de l’Autriche. Ces événements anodins qui font l’histoire et nous font héritier bien malgré nous. Le récit nous place l’oeil dans le trou de la serrure, nous dit autrement les compromis, les entre-soi terrifiants de l’histoire  et nous rappelle qu’au présent nous devons nous réveiller, chaque fois qu’un petit rien nous choque. Ne rien laisser passer. L’histoire n’est pas passée, elle ne fait que rimer comme disait l’autre et on remercie E. Vuillard de nous le rappeler avec autant de talent et d’humour aussi. Cécile

Editions Actes Sud 16€

 

Dans une coque de noix

de Ian McEwan

Deux McEwan sinon rien … le dernier roman du romancier anglais Ian McEwan « Dans une coque de noix » est une farce très originale proposant une sorte de relecture d’Hamlet à la sauce britannique aigre-douce et surtout drôle, crue, pimentée, délicieusement transgressive. Le livre intelligent de plage idéal ! Son avant-dernier roman « L’intérêt de l’enfant » sort en poche en même temps, il est plus classique, moins comique mais absolument maîtrisé et nous embarque dans des questionnements éthiques avec la vie d’un ado suspendue au conflit moral qui sous-tend le roman … les deux livres se lisent avec délice. Géraldine

Editions Gallimard 20€

 

La fête des fous

de James Lee Burke

Laissons-nous guider par l’auteur texan par excellence, et par naissance, James Lee Burke. Il nous convie à « La fête des fous » dans son dernier roman noir paru chez Rivages. A plus de 80 ans, James Lee Burke reste hanté, fasciné par son Texas et ses personnages damnés, son désert sans pitié, ses Mexicains qui tentent le tout pour le tout, ses pasteurs bien frappés, ses psychopathes locaux. Tous ces affreux vont à nouveau faire face au shérif Holland, comme dans « Déposer glaive et bouclier » et « Dieux de la pluie ». Il fait chaud, le sang coule, les Mexicains courent, certains les chassent, d’autres les sauvent et la folie règne en maîtresse sous le soleil implacable de ce bout de terre un peu dingue. Géraldine

Editions Rivages 22.50€

 

A toi, le poche

de Claudia Pineiro

La sortie en livre poche de ce roman décoiffant est un plaisir car il va circuler de main en main. Auteure argentine, Claudia Pineiro nous mène toujours à son propre rythme, très enlevé, dans une histoire marquée d’originalité et d’échanges hauts en couleur. Il s’agit ici d’une histoire d’adultère, drôle, désopilante où celui qui croyait prendre est pris. Comme ont dirait au théâtre, « les portes claquent » et si on voulait une comparaison imagée, ce serait du côté du baroque de Pedro Almodovar. Cécile

Editions Actes Sud 6.80€

 

Adieu Lili Marleen, le poche

de Christian Roux

Amoureux de musique et de littérature policière, ce roman noir est pour vous. Christian Roux convoque aussi  l’Histoire, la Seconde Guerre mondiale et ses tourments, ses ricochets sur plusieurs générations. Cela donne un livre intelligent et distrayant tout à la fois. Géraldine

Editions Rivages 7.90€

 

 

Règne animal

Prix Livre inter 2017

de Jean-Baptiste Del Amo

Règne animal retrace, du début à la fin du vingtième siècle, l’histoire d’une exploitation familiale vouée à devenir un élevage porcin. Dans cet environnement dominé par l’omniprésence des animaux, cinq générations traversent le cataclysme d’une guerre, les désastres économiques et le surgissement de la violence industrielle, reflet d’une violence ancestrale.

Vive les Prix littéraires si c’est pour donner envie à un plus large public, que celles et ceux qui suivent déjà l’écriture de JB Del Amo, de lire ce roman. Nous l’avions valorisé lors de sa sortie tant nous avions aimé cette belle exigence littéraire au service d’une histoire qui vous prend aux tripes. Cécile

Editions Gallimard 21€

 

Les animaux ne sont pas comestibles

de Martin Page

A la fois plaidoyer pour les droits des animaux, témoignage personnel du passage au véganisme, manuel de conseils alimentaires et autres, ce livre fait partie des nombreuses publications sur le sujet du véganisme et des droits des animaux (tant mieux!!) en ce moment mais se distingue par sa forme si personnelle. On se laisse prendre par la main et on suit Martin dans son parcours un peu chaotique, très argumenté, décortiqué, analysé … On entre dans sa cuisine, on croise ses amis, ses états d’âme, ses déceptions, ses victoires sur lui-même. Vive la nature ! Vive les animaux vivants et libres ! Vive ceux qui cheminent, pas à pas, quel que soit la longueur du pas, quel que soit le nombre de pas, ce qui compte est la trajectoire. Martin Page est là encourageant, pas dans le jugement, pédagogique, et fervent défenseur de ceux que l’on préfère entier et respirant plutôt qu’en morceaux ou en sauce … Géraldine

Editions Robert Laffont 18.50€

 

la domination humaine, l’invraisemblable silence

de Pascale Corbin

Notre rayon sur la cause animale s’étoffe de semaine en semaine tant les livres et les points de vus se font nombreux, sans oublier les grands penseurs/auteurs de cette cause comme Peter Synger ou Frans de Waal. Pour avoir lu nombre de livres, on peut dire sans hésiter que celui-ci est une somme qui fera date. Le livre se veut très complet sur l’ensemble de la place des animaux dans notre vie d’humain dominant. Le sous-titre, « l’invraisemblable silence » est le fil conducteur de cet essai qui nous montre d’un point de vue historique, scientifique et aussi personnel comment on en est arrivé à faire de l’élevage industriel et de l’abattage de masse un élément constitutif de notre nourriture. Alors que les murs se construisent dans les abattoirs pour éviter aux caméras de filmer, ce livre nous donne tous les éléments pour penser, repenser cette domination, cette discrimination à l’échelle planétaire. Cécile

20€

 

selection LGBT+

Celui qui est digne d’être aimé

d’Abdellah Taïa

Le dernier ou le nouveau livre d’Abdellah Taïa est une lame.
Un roman épistolaire. Quatre lettres qui vous cisaillent de par leur acuité, leur intransigeance, leur miel.
A. Taïa met le doigt là où aucun auteur français ne le met.
Beaucoup d’articles parlent de la 1ère lettre à sa maman, certes, mais les trois autres lettres nous renvoient un miroir, à nous français, sur notre héritage historique. Cela nous suit partout, dans notre langage, dans nos yeux, dans nos amours.
« Celui qui est digne d’être aimé » nous révèle nos batailles passées, présentes et à venir. Et on espère que son auteur sortira indemne de cette gifle qu’est son roman. Cécile

Editions du Seuil 15€

 

 

L’essentiel des gouines à suivre (1987-1998)

de Alison Bechdel

L’auteure de Fun Home et de C’est toi, ma maman ? a réalisé entre 1983 et 2008 plus de 500 strips mettant en scène une pléiade de personnages (dont Mo, son alter-ego) et traitant, entre autres, du thème de l’homosexualité féminine. Alison Bechdel, plébiscitée dans le monde entier pour la qualité de son écriture et récompensée par de nombreux prix, y dépeint tout un pan de la contre-culture américaine de ces trente dernières années en mixant humour, révolte, réflexion et émotion. Réunies aux Etats-unis sous le nom Dykes to Watch Out for, ces bandes-dessinées devenues cultes (vous ne connaissez pas le «Test de Bechdel» ?) se voient enfin traduites en français dans leur intégralité.

Ce qui est bien chez Bechdel, c’est qu’elle est totalement névrosée et nous fait partager tout cela. Elle n’est pas avare de sa névrose, cool & réjouissant ! Géraldine 

Editions Même pas mal 25€

 

Romans graphiques & BD

en quarantaine

de Joe Ollmann

Pas facile l’arrivée deux pieds joints dans la quarantaine ! Joe raconte sa crise d’identité de jeune/vieux père qui se met à avoir un nouveau bébé après avoir déjà été père de deux jeunes filles il y a plus de vingt avant de cela. On ne peut que s’identifier à ses petits problèmes de la « montée » en âge, avec tous les petits soucis que cela créée, ainsi que le fameux démon de minuit qui rôde et fait faire un certain nombre de trucs improbables … C’est drôle et bien croqué. Géraldine 

Editions Presque lune 24€

 

la grande boule de glace

de Conxita Herrero

Conxita, la vingtaine, dernière représentante de toute une génération de Conxitas, navigue entre Madrid et Barcelone. Véritable « boule de nerfs » selon sa mère, elle affronte les événements du quotidien avec un grand courage. Ancienne étudiante des Beaux-Arts, elle dessine ses moindres péripéties, depuis son appartement qu’elle partage avec une fille qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, son ménage, son ordinateur, ses rêves d’ailleurs, ses évasions à la plage, ses conversations téléphoniques avec ses amis, jusqu’à ses rencontres plus ou moins heureuses.
Dans ce récit autobiographique en dix-sept courts tableaux, Conxita Herrero bouscule les idées reçues sur le passage à la vie d’adulte. Dans un style minimaliste et rigoureux, elle se joue des antagonismes et mêle inertie et mouvement, cases muettes et dialogues intimistes et mystérieux, lignes dépouillées et couleurs pures. Elle use également de figures géométriques – cercles et carrés – à l’aide de plans audacieux qui défient les perspectives. S’affranchissant du « souci de vérité » propre à l’autobiographie, l’auteur évacue tout sentimentalisme et fournit à ses décors et à ses personnages aux traits ébauchés une dimension étrange et fascinante oscillant entre réel et onirisme.

Une BD ultra graphique comme on les aime. On pense à Daniel Clowes, grand maître américain. Conxita Herrero est espagnole et nous ravit d’un point de vue esthétique. BD mélancolique et tout simplement belle, qu’on a envie de laper comme une grande boule de glace.Géraldine

Editions Rackham 20€

 

Pause

de Fabcaro

Comment se renouveler après le succès intersidéral de « Zaï Zaï Zaï Zaï » ? Comment faire autre chose que « Zaï Zaï Zaï Zaï 2 » ? Toutes ces questions posées auxquelles Fabcaro n’apporte aucune réponse : il fait une pause.

Fabcaro fait une pause mais malgré ses questionnements sur l’inspiration, reste inspiré tout en ayant l’impression de ne pas l’être … c’est compliqué, c’est le cerveau de Fabcaro, tout en nuance sur son art, pour notre plus grand plaisir et réconfort. Géraldine

Editions La Cafetière 13€

 

Kobane Calling

de Zerocalcare

Nous avons adoré ce roman graphique à la fois profond et drôle sur une situation humaine et géopolitique complexe. Zerocalcare est un auteur très connu en Italie. ll vient du milieu du punk et a croisé la cause kurde dans des centres italiens associatifs. Il a accompagné humanitaire en face de Kobané au départ, puis dans Kobané libéré, cette enclave kurde qui, au-delà d’avoir fait face à Daesh,  teste un régime démocratique, écolo et féministe. Le regard de Zerocalcare est très subtil, à la fois pédagogique et tendre. Nous avons adoré ce roman graphique. Géraldine 

Envoyé par l’Internationale (le Courrier International italien), Zerocalcare part aux confins de la Turquie, de l’Irak et du Kurdistan syrien pour rejoindre la ville de Kobané, à la rencontre de l’armée des femmes kurdes, en lutte contre l’avancée de l’État islamique. À partir de ce voyage, Zerocalcare livre un reportage d’une sincérité poignante, un témoignage indispensable et bouleversant qui s’efforce de retranscrire la complexité et les contradictions d’une guerre si souvent simplifiée par les médias internationaux et le discours politique. Le tout avec l’inimitable ton, extrêmement drôle et touchant, le langage et l’univers d’un auteur qui sait interpréter comme personne, le quotidien, les craintes et les aspirations de sa génération

Editions Cambourakis 23€ / et 4.50€

 

gastronomie

autourautour d’une bouteille avec nicolas joly, La biodynamie

de Gilles Berdin

L’auteur a donc réussi à dresser le portrait de cette figure du vin qu’est Nicolas Joly sur le fameux vignoble de La coulée de Serrant qui constitue à lui seul une appellation d’origine contrôlée de 7 hectares. L’histoire d’un vin blanc porté haut et fort autour du monde par celui qui gère la propriété. Citation « Pour que les choses se passent bien, il faut courtiser la vie au-delà du monde sensible. C’est cela, au fond, l’enjeu de la biodynamie. »  Cécile

Editions Elytis 20€

 

revues

Répliques

Répliques est une revue d’entretiens au long cours autour du cinéma, créée en septembre 2012 à Nantes. Réalisateurs, techniciens, diffuseurs et critiques y évoquent leurs parcours, leurs méthodes, le regard qu’ils portent sur leur propre travail, et ce dans un format sans équivalent dans la presse francophone. Le cinéma tel qu’il se pense et se fait, considéré comme un art vivant, est envisagé selon des conceptions singulières qui se font écho ou se confrontent pour donner à sentir quelques problématiques du temps présent. Ci-contre, visuel du dernier n°, le 8, avec des entretiens avec Eugène Green / Sébastien Betbeder / Bruno Podalydes / Philippe Azoury / Touda Bouanani. 17€

 

jeunesse

les porteurs # 1 – Matt

de C.Kueva

Editions Thierry Magnier 14.90€

Formidable 1er tome d’une série qui ose mettre au centre de sa grande histoire le choix de notre sexe.  C. Kueva imagine un temps futur assez proche où les adolescents à 16 ans choisissent leur genre définitif, en toute connaissance de cause. Le roman avance là où on ne l’attend pas et c’est tant mieux. On pense à « Bienvenue à Gattaca » pour l’atmosphère et on se laisse surprendre par l’aventure proposée car tout est neuf dans cette idée de roman jeunesse. Bravo aux éditions T. Magnier de s’être engagées sur ce roman pour adolescents. Cécile

 

Quatre sœurs

de Malika Ferdjoukh et Cati Baur

« Quatre sœurs » est une BD adaptée du roman du même nom par son auteure Malika Ferdjoukh et d’une talentueuse aquarelliste, Cati Baur.

Le roman, puis la BD, mettent en scène les cinq sœurs Verdelaine, orphelines depuis deux ans, et vivant seules dans une immense maison au bord de la mer.

Le titre « Quatre sœurs » désigne en fait les quatre sœurs les plus jeunes, qui sont sous la protection de leur aînée, Charlie. Chaque  tome donne la parole à l’une de ces sœurs, qui nous raconte son quotidien.

Ce livre génial transforme cette situation qui pourrait être affreuse en une situation rigolote et pleine d’amour. Suzanne

Editions Rue de Sèvres, 15€ le tome

 

Coloriage « Tati » ou « prévert »

Magique ! le nouveau coloriage de chez Glénat pour faire tomber les petits et les grands (nostalgiques) dans l’univers de Jacques Tati. Chaque page est magnifique et les auteurs ont trouvé plein de belles et bonnes idées pour mêler amusements, jeux et connaissances. Celui consacré au monde de Jacques Prévert respecte tout autant l’artiste. Réussite totale ! Cécile.

Editions Glénat 15.90€

 

la-mesaventureLa Mésaventure et La Mésaventure cahier d’activité

d’Iwona Chmielewska

Double plaisir que ce livre et son cahier d’activité. L’idée est simple, comment un fer à repasser laissé trop longtemps en place a laissé une empreinte et ce qu’on peut en faire… la trace devient pétale de fleur, fusée, fenêtre ouverte sur l’inconnu… dans le cahier l’enfant peut poursuivre la création en grande liberté. L’édition est de toute beauté. Cadeau ! Cécile

Editions Format – 16.90€ et 9.90€

 

le-mystereLe mystère de la vie

de Jan-Paul Schutten, illustration de Floor Rieder

Une encyclopédie du vivant toute nouvelle dans le genre, c’est ce que vous propose ce beau livre illustré avec talent. Le livre toute vie, quelle que soit sa forme.

La vie de la plus petite particule, la vie qu’il y a au fond de nos chaussettes, la vie proposée par un fossile… bref, un livre essentiel pour les enfants très curieux et qui ont besoin de plonger au cœur des mystères. Cécile

Ecole des Loisirs – 24.80€

 

sur-les-tracesSur les traces des grands singes avec Jane Goodall, Dian Fossey et Biruté Galdikas

par Jim Ottaviani et Maris Wicks

Une bd formidable d’intelligence et ludique également pour faire partager aux enfants le destin de ces 3 femmes parties consacrer leur savoir et leur vie entière aux chimpanzés, aux gorilles et aux orangs-outans en Afrique et Indonésie. Impossible que les enfants ne voient les singes au zoo avec le même œil après cette lecture. Cécile

Ecole des loisirs – 14.50€

 

un-trou-cest-pour-creuserUn trou c’est pour creuser, mon premier livre de définitions premières

de Ruth Krauss, images de Maurice Sendak

Ben oui, un trou c’est pour creuser mais ce n’est que le début de ce formidable petit livre précieux et consultable sans fin pour le plaisir des yeux et des mots. « La figure, c’est bien pour faire des grimaces » – « Les chiens c’est pour bisouiller le monde » (noter le verbe bisouiller !) . Les illustrations de Maurice Sendak sont d’une énergie incroyable, comme sur ressort, on gambade avec les enfants et leurs folles journées. Pour toute la famille !  Cécile

Editions MeMo – 14€

 

art / création

les cartes postales de Nantes

signées « FRAP »

La figure nantaise du dessin de presse revisite les grands personnages nantais. 1.60€

 

 

 

Les cartes postales graphiques & littéraires

Ces petites cartes d’artistes qui mêlent graphisme et jeux de mots liés aux expressions françaises sont signées Claire Colin. Nous les proposons en deux formats & deux prix 4.50€ et 6€

 

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les tourniquets de fabienne yvert

 

papeterie / objets / ovnis

 

 

 

 

 

 

 

Les carnets de notes Rue du Bouquet

Carnets photographiques. A chaque carnet, son photographe.

C’est très simple, très joli, avec un beau papier couleur ivoire pour prendre des notes. 14€

 

les carnets de notes Zuber

Exotisme et simplicité pour ces deux formats de carnets (poche ou A5) – 5.10€ et 7€

 

 

 

La collection des éditions du désastre

Carnet de notes robuste, avec une identité forte ! Mon petit livre rouge / Les mots doux / La vie en rose. 13.50€

 

carnet-calepin-n1-papier-lignesLes carnets CALEPINO

Fabrication locale, qualité et originalité. 9€ les 3 petits carnets.

 

 

gallim2Les carnets Gallimard

8.50€ le petit carnet type « collection blanche ». Existe en format plus grand et autres couleurs.

 

Contes de fesses

de Benjamino Caldo

Il était une fois des princes et des princesses, des joyeux petits nains, et plein d’autres héros de contes qui s’amusaient follement… D’un coup de crayon aussi coquin qu’hilarant, Benjamino Caldo détourne les contes et nous fait découvrir l’autre côté du décor : des héros aux prises avec leurs désirs dans des situations intimes inattendues, parfois osées… mais toujours amusantes !

Editions Hélium 9.90€

 

Sauve les chauves

par Léon Maret

Un petit pas pour l’homme, un grand pas contre la calvitie. Comme l’indique son titre, Sauve les Chauves compile une série de chauves illustres ou anonymes que le lecteur aura pour mission de « sauver ». Armé d’un stylo, il pourra affubler chacun de ces petits crânes d’une digne tignasse. Moins cher qu’un shampoing anti-perte de cheveux, et disons-le : tout aussi efficace, ce petit volume ouvre vers des univers alternatifs : Juppé avec des cheveux ? Robocop en afro ? Une bande de skinhead beatnik ?
Le lecteur, au gré de son exubérante créativité ou de ses pulsions refoulées (et enfin révélées), pourra créer un Astérix punk ou un Nicolas Sarkozy arborant un resplendissant mulet. Petits et grands de ce monde ont droit à une deuxième chance capillaire, et ce livre est là pour le prouver ! Fantaisie dans la veine de Laisse faire les sphères, du même auteur, Sauve les Chauves est à la fois un livre de coloriage, une satire politique et un recueil de blagues absurdes.

Editions 2024  7€

 

 

 

 

 

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