Les nouveautes

quelques titres phares du moment …

en littérature générale & polars

aux états-unis d’afrique – la sortie poche

de Abdourahman A. Waberi

Rarement fiction sur l’Afrique aura aussi bien parlé de l’Europe. Et pour cause : dans Aux États-Unis d’Afrique, Abdourahman A. Waberi fait du continent noir le centre économique et intellectuel du monde, tandis que les damnés de la terre se concentrent dans une Euramérique miséreuse ; partant, il tend un miroir à l’Occident – celui du monde réel.
Réversibilité de l’Histoire : dans le roman, l’Afrique est une fédération d’États dont le cœur bat à Asmara – Érythrée – la capitale fédérale, un continent de cocagne à la prospérité insolente avec ses centres d’affaires aux sols de marbre, ses mégalopoles modernes et leurs McDiop à chaque coin de rue, ses artistes en vue et ses scientifiques de renommée mondiale. Un continent indifférent au sort des millions de réfugiés qui se pressent à ses frontières depuis les favelas de Zurich, Milan ou Chicago, les quatre coins de cette Euramérique ravagée par les guerres ethniques et les maladies endémiques, et qui ne survit que grâce à l’aide humanitaire africaine…
Et puis, fil conducteur du roman, il y a Maya, née dans un bidonville de la banlieue de Rouen et adoptée par une riche famille érythréenne, qui part en quête de ses origines…
Entre politique-fiction et conte voltairien, Aux États-Unis d’Afrique illustre de manière éclatante, malicieuse, grave, l’injustice ordinaire à l’échelle du monde.

Editions Zulma 8.95€

 

Un commis voyageur à Pékin, un journal d’Arthur Miller

En mai 1983, le Théâtre d’Art populaire de Pékin accueille la première de Mort d’un commis voyageur. Arthur Miller, son auteur, assure lui-même la mise en scène de la pièce. Les obstacles politiques quant à la tenue d’un tel événement se sont avérés surmontables, mais abolir le fossé culturel qui sépare les deux pays relève peut-être de l’utopie. Outre l’océan qui les sépare, c’est aussi un vocabulaire, celui du capitalisme, qu’il lui faut faire entendre : “assurance-vie”, “commis voyageur”, “rente” relèvent pour la troupe et le public chinois d’une abstraction inintelligible. Au cours des six semaines passées en Chine, le dramaturge américain tient un journal mêlant réflexions culturelles et politiques : il y raconte comment le défi esthétique qu’il s’est lancé se transforme peu à peu en une fascinante expérience humaine.

Ce document littéraire exceptionnel, jusqu’alors inédit en France, tient autant du reportage, à l’instar des Muses parlent de Truman Capote, que des carnets de mise en scène, dans la grande tradition des journaux de Roger Blin ou Jean Genet.

Editions du sous-sol 25€

 

Le séducteur

deJan Kjaerstad

Qu’est-ce qui relie les grands et les petits événements d’une existence ? Sommes-nous définis par les milliers d’histoires qui composent notre vie ou par un instant crucial où tout se décide presque malgré nous ?

Jonas Wergeland, lui, a connu une destinée éblouissante, entre excentricités, curiosités et dangers. De son enfance aux abords des fjords glacés au soir où sa femme est assassinée, éclat après éclat, émerge dans un kaléidoscope fascinant, chaque pensée, chaque sentiment, chaque échec, chaque petit instantané de gloire de Jonas. Homme de télévision novateur et charismatique, qui aura tenu bon malgré les tempêtes et l’adversité, le tumulte de ses conquêtes, les défis impossibles, ou cette créature sensuelle aux lèvres rouges, jalouse, prête à tout pour mettre fin à son règne, au règne d’une vie jamais vécue à moitié.

Mille et Une Nuits de notre temps, roman tout en spirales, en échos et myriades d’histoires, comme autant de pièces d’un puzzle obsédant, Le Séducteur nous plonge dans la vie excessive d’un héros improbable.

Et tout y est vrai. Et si rien ne l’est, alors Jonas Wergeland sera vraiment devenu l’homme qu’il voulait être : un conteur fabuleux, un personnage de cette comédie qu’est l’existence, un charmeur dont l’unique but est d’inspirer les autres.

Il y a des Versets sataniques et de Tom Jones, du Mahabharata et de Peer Gynt, dans la narration ondoyante de Jan Kjærstad, « l’un des plus extraordinaires écrivains contemporains de Scandinavie ». Il réussit à faire de l’histoire souterraine d’un homme une œuvre fascinante, qui parle de la manière dont l’amour, l’art et l’imagination peuvent radicalement changer une vie et comment celle-ci est irréductible aux théories et aux statistiques, tout entière mue par les lois implacables de l’intuition et de la fantaisie.

Editions Monsieur Toussaint Louverture 23€

 

Mister Caspian et Herr Felix

de William Kotzwinkle

Acteur à succès, David Caspian est une personnalité incontournable du cinéma hollywoodien. À l’approche de la cinquantaine, néanmoins, force est de constater que les offres de rôles séduisants auxquels il était habitué se raréfient. Contraint d’accepter celui d’un héros de science-fiction, il se trouve étrangement assailli par de troublantes visions. À mesure qu’il s’approprie le rôle du Vagabond de Pluton, Caspian se voit en effet de plus en plus fréquemment propulsé en pleine Allemagne nazie, dans la peau d’un vulgaire trafiquant de marché noir, composant avec de sombres affaires. Ceci au grand dam de son entourage et au détriment de sa santé mentale… Naviguant en permanence entre ces deux mondes – la lumière californienne et la noirceur du Reich – Kotzwinkle brouille à merveille les frontières entre réalité et fiction, passé et présent. Servie par des dialogues ciselés, cette variation originale sur le thème du double offre à la fois un suspense haletant et une satire féroce d’Hollywood et de ses faux-semblants

Editions Cambourakis 22€

 

Des vampires dans la citronneraie, nouvelles

de Karen Russell

Finaliste du Prix Pulitzer pour son formidable roman Swamplandia, la jeune Karen Russell, à l’imaginaire débridé, excelle dans tous les registres et s’impose une fois encore, avec ce recueil, comme un maître du réalisme magique.

Des fillettes retenues prisonnières dans une manufacture japonaise sont lentement métamorphosées en vers à soie… Une masseuse se découvre dotée d’étranges pouvoirs en manipulant les tatouages d’un jeune soldat revenu d’Irak… Deux vampires prisonniers d’une citronneraie brûlée par le soleil tentent désespérément d’étancher leur soif de sang, au risque de mettre un terme à leur relation immortelle…

Autant de mondes parallèles fascinants, entre mythe et réalité, qui confirment la subtile extravagance et l’inventivité hors pair d’un des meilleurs écrivains de sa génération.

Editions Albin Michel 22€

 

Marlène

de Philippe Djian

Dan et Richard, deux vétérans de l’Afghanistan et amis d’enfance, vivent dans la même ville depuis leur retour des zones de combat. Encore gravement perturbés par ce qu’ils ont vécu, ils peinent à retrouver une vie normale.
Le cas de Dan est à peu près réglé – il s’oblige à une hygiène de vie très rigoureuse, travaille assidûment ; mais celui de Richard – bagarreur, récidiviste, infidèle – semble définitivement perdu.
L’arrivée de Marlène, la belle-sœur de Richard, va redistribuer les cartes. Jusqu’à la tragédie?

Condensé dans sa forme, nerveux, Marlène est un roman tout entier tendu par la brusque fuite en avant de ses héros.

Editions Gallimard 19.50€

 

   Sinon j’oublie

de Clémentine Mélois

Depuis plusieurs années, Clémentine Mélois collectionne les listes de commissions trouvées dans la rue. Chaque trouvaille est pour elle prétexte à se raconter une histoire. Qui est l’auteur ? Quels sont ses rêves, ses envies ? À partir d’une sélection de 99 listes (reproduites en image et en couleur), voici un portrait drôle et tendre d’hommes et de femmes qui se confient à la première personne, parlent de leurs vies, de nos vies. Grâce à la fiction, la réalité la plus prosaïque donne lieu à l’imagination la plus poétique.

Editions Grasset 16€

 

Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir

de Cookie Mueller

Devant l’objectif des plus grands photographes, des plus grands cinéastes, elle excellait à être simplement Cookie. L’inoubliable, la touchante Cookie Mueller, égérie de l’avant-garde new-yorkaise des années 70 et 80.
Lors de soirées devenues mémorables, elle exerçait ses fabuleux talents de conteuse. Tous se délectaient de ses aventures extraordinaires, de ses souvenirs de l’époque où elle était la bad girl du lycée jusqu’à ses anecdotes de tournage avec John Waters, en passant par les épisodes sa vie californienne, lorsqu’elle côtoyait Janis Joplin ou un certain Jim Morrison.
Et quand un jour, elle s’est enfin décidée à mettre tout ça par écrit, on s’est aperçu qu’un écrivain était né. Quel style, quel naturel, quelle verve, quelle fantaisie !
Lire Cookie Mueller aujourd’hui, c’est retrouver l’insouciance, goûter la liberté, tâter de la sauvagerie, risquer la tendresse. Elle écrit « cash », comme elle a vécu.
On aurait tant aimé la connaître.

Editions Finitude 17€

 

2084, la fin du monde – la sortie poche

de Boualem Sansal

L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Mais un homme, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur un peuple de renégats qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion.
Au fil d’un récit plein d’inventions cocasses ou inquiétantes, Boualem Sansal s’inscrit dans la filiation d’Orwell pour brocarder les dérives et l’hypocrisie du radicalisme religieux.

Folio 7.70€

 

Le grand marin – la sortie poche

de Catherine Poulain

Une femme rêvait de partir. De prendre le large. A Kodiak, en Alaska, elle trouve une place à bord d’un de ces bateaux qui pêchent la morue noire, le crabe et le flétan. Elle supporte l’humidité permanente, la fatigue, la peur, les blessures… Et puis, il y a les hommes. À terre, elle partage leur vie, en camarade. En attendant de rembarquer. C’est alors qu’elle rencontre le Grand Marin.

Catherine Poulain commence à voyager très jeune. Elle a pêché pendant dix ans en Alaska. Elle vit aujourd’hui entre les Alpes de Haute-Provence et le Médoc, où elle est respectivement bergère et ouvrière viticole. Le Grand Marin est son premier roman.

Points 7.90€

 

Oliver Sacks

En mouvement, une vie – la sortie poche

« Sacks ira loin s’il cesse d’aller trop loin » : ces mots prophétiques prononcés par un professeur donnent le ton de cette autobiographie.

Voici l’histoire d’un homme exceptionnel, qui a exploré de multiples domaines avec la même énergie. Au sortir d’une jeunesse obsédée par les motos et la vitesse, il découvre dans un hôpital new-yorkais des patients emprisonnés dans une profonde léthargie dont il va tenter de les faire sortir, expérience bouleversante qu’il racontera dans son livre L’Éveil. Sa voie est alors tracée : tout en explorant les troubles neurologiques les plus étranges et en les décrivant comme des mondes particuliers, il s’appliquera à montrer que chacune de ces manières « anormales » de se comporter, de parler ou de se situer dans l’espace et le temps est profondément humaine… trait qui éclaire notre propre « normalité » sous un jour inattendu.

Oliver Sacks (1933-2015)

Neurologue, professeur à l’Albert Einstein College of Medicine et à l’université de New York, il est notamment l’auteur de L’Éveil (1987), L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau (1988) et L’Œil de l’esprit 2012).

Points 11.50€

 

Dans une coque de noix

de Ian McEwan

«À l’étroit dans le ventre de ma mère, alors qu’il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J’entends tout. Un complot se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l’aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j’apprends que Claude n’est autre que mon oncle : le frère de mon père. Un crime passionnel doublé d’un fratricide qui me fera peut-être voir le jour en prison, orphelin pour toujours! Je dois les en empêcher.»

Il y a quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre du XXIe siècle… Après L’intérêt de l’enfant, Ian McEwan n’en finit pas de surprendre et compose ici, dans un bref roman à l’intensité remarquable, une brillante réécriture d’Hamlet in utero.

Editions Gallimard 20€

 

L’intérêt de l’enfant – la sortie poche

de Ian McEwan

Fiona Maye, juge spécialisée en droit de la famille, est passionnée par son travail. Elle en délaisse son mari, surtout depuis l’affaire Adam Henry. Cet adolescent de dix-sept ans est atteint de leucémie, mais les croyances religieuses de ses parents interdisent toute transfusion sanguine. Les médecins s’en sont remis à la cour. Après avoir entendu les deux parties, Fiona se rend à l’hôpital. Mais la rencontre avec Adam s’avère troublante et, indécise, la magistrate peine à rendre son jugement…

Dans ce court roman, Ian McEwan allie avec justesse la froideur de la justice à la poésie qui imprègne ses personnages. Dans un style limpide, il crée une ambiance oppressante et déploie une étonnante complexité thématique. Les certitudes se dérobent : où s’arrête et où commence l’intérêt de l’enfant?

Folio 7.20€

 

A la mesure de l’univers

de Jon Kalman Stefansson

«Et maintenant, il est trop tard, répond Ari, pétri de remords. Anna esquisse un sourire, elle lui caresse à nouveau la main et lui dit, quelle sottise, il n’est jamais trop tard tant qu’on est en vie. Aussi longtemps que quelqu’un est vivant.»
À la mesure de l’univers est la suite du roman D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds. Ari rentre en Islande après avoir reçu une lettre de son père lui annonçant son décès imminent. Le jour se lève sur Keflavík, l’endroit le plus noir de l’île, à l’extrémité d’une lande à la végétation éparse et battue par les vents. Ici, la neige recouvre tout mais, partout, les souvenirs affleurent. Ari retrouve des connaissances qu’il n’a pas vues depuis des années. Ses conversations et ses rencontres le conduisent à s’interroger et finalement à accepter son passé : les deuils, les lâchetés, les trahisons, afin de retrouver celui qu’il était, et qui s’était perdu «au milieu du chemin de la vie».
Comme dans la première partie de son diptyque, Jón Kalman Stefánsson entremêle les époques, les histoires individuelles et les lieux : le Norðfjörður, dans les fjords de l’Est, où évoluent Margrét et Oddur, les amants magnifiques, et Keflavík, ce village de pêcheurs interdits d’océan, très marqué par la présence de la base militaire américaine. Dans une langue à la fois simple et lyrique, nourrie de poésie et de chansons de variétés, agissant comme autant de madeleines de Proust, l’auteur nous parle de mort, d’amour, de lâcheté et de courage. Mais ce récit délivre aussi un message d’espoir : même si le temps affadit les plus beaux moments, ces derniers restent vivants au cœur de l’homme, car le langage a le pouvoir de les rendre éternels. L’amour est le ciment et la douleur du monde.

Editions Gallimard 22€

 

Jours barbares

de William Finnegan

Le surf ressemble à Un sport, un passe-temps. Pour ses initiés, c’est bien plus : une addiction merveilleuse, une initiation exigeante, un art de vivre. Élevé en Californie et à Hawaï, William Finnegan a commencé le surf enfant. Après l’université, il a traqué les vagues aux quatre coins du monde, errant des îles Fidji à l’Indonésie, des plages bondées de Los Angeles aux déserts australiens, des townships de Johannesburg aux falaises de l’île de Madère. D’un gamin aventureux, passionné de littérature, il devint un écrivain, un reporter de guerre pour le New Yorker. À travers ses mémoires, il dépeint une vie à contre-courant, à la recherche d’une autre voie, au-delà des canons de la réussite, de l’argent et du carriérisme ; et avec une infinie pudeur se dessine le portrait d’un homme qui aura trouvé dans son rapport à l’océan une échappatoire au monde et une source constante d’émerveillement. Ode à l’enfance, à l’amitié et à la famille, Jours Barbares formule une éthique de vie, entre le paradis et l’enfer des vagues, où l’océan apparaît toujours comme un purgatoire. Un livre rare dont on ne ressort pas tout à fait indemne, entre Hell’s Angels de Hunter S. Thompson et Into The Wild de Jon Krakauer.

William Finnegan a acquis ses galons de journaliste lors de la guerre civile au Soudan, en Afrique du Sud pendant l’Apartheid, dans les Balkans ou à Mogadiscio. Ses reportages sur les théâtres d’opérations sont le fruit de longues immersions et de patientes observations, ou, comme il aime à le résumer : “Je fouine, je parle aux gens, j’attends.” Il a reçu en 2016 pour Jours Barbares le prestigieux Prix Pulitzer. Editions du sous-sol 23.50€

 

Norma

de Sofi Oksanen

Le corps d’Anita Ross vient d’être retrouvé dans le métro de Helsinki. Les témoins sont unanimes : elle s’est jetée sur les rails.
Norma, sa fille unique, refuse d’y croire. Anita ne l’aurait jamais laissée seule avec son secret : ses cheveux sont vivants, ils ressentent des émotions, s’animent et poussent si vite qu’elle est obligée de les couper plusieurs fois par jour.
Prête à tout pour connaître la vérité, Norma décide de retracer les derniers jours de sa mère, allant jusqu’à se faire embaucher dans le salon de coiffure où elle travaillait. Ses découvertes font ressurgir un passé trouble qui n’est pas sans susciter l’attention d’un puissant clan de la mafia locale… Editions Stock 22€

 

Chers monstres

de Stefano Benni

Notons la traduction de Marguerite Pozzoli, que nous avions reçue aux Bien-aimés il y a quelques mois.

Et si les “monstres” d’aujourd’hui, nous suggère Stefano Benni dans ce recueil de nouvelles, ne ressemblaient en rien à ceux des légendes ? Son Dracula est victime d’un redoutable inspecteur des impôts, le doux M. Zéphyr voit son identité niée par la rébellion inexplicable de tous les distributeurs bancaires. Déclinant les multiples visages de la peur, l’auteur pointe les effets dévastateurs des technologies dites avancées, qui transforment de charmantes lolitas en véritables érynies, mais il revisite aussi, en les détournant, les contes pour enfants comme Hänsel et Gretel, ou rend hommage à son maître, Edgar Poe. Qu’il nous convie à une enquête policière menée dans le monde des chats pour démasquer un tueur en série ou qu’il parodie les films d’horreur, Benni nous entraîne dans d’infinies variations autour d’un thème qui nous fascine depuis toujours, peut-être parce que ce sont nos propres “monstruosités” – la lâcheté, l’égoïsme – qu’il reflète ou parce que, comme le dit le narrateur dans L’Histoire de la sorcière Charlotte, avoir peur est un sentiment profondément ambivalent, à la fois terrible et délicieux… Editions Actes Sud. 22.80€

 

 

City on fire -sortie poche

de Garth Risk Hallberg

31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu’à l’autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie attend Samantha pour assister à un concert punk. À quelques encablures de là, dans Hell’s Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d’invitation. Et s’il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette sœur que William, son amant, lui a toujours cachée ? Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s’écroule dans la neige.
Comment ces personnages sont-ils tous reliés à ce drame ? Alors que rien ne les prédestinait à se rencontrer, leurs histoires ne vont cesser de se croiser jusqu’au blackout du 13 juillet 1977 à New York. Le livre de poche 12.10€

 

Encore – la sortie poche

de Hakan Günday

Prix Médicis Étranger 2015

« Les clandestins montaient dans la caisse du camion et, après un voyage de deux cents kilomètres, ils montaient à bord des bateaux et se perdaient dans la nuit… »

Gazâ vit sur les bords de la mer Egée. Il a 9 ans quand, à peine sorti de l’école, il devient passeur de clandestins. Il travaille avec son père Ahad, ainsi que les frères Harmin et Dordor, commandants des bateaux qui emmènent les migrants en Grèce. Pendant des années, Gazâ et Ahad entreposent dans un dépôt cette marchandise humaine, ces individus qui viennent de parcourir plusieurs milliers de kilomètres. Jusqu’au jour où Gazâ cause la mort d’un jeune Afghan du nom de Cuma, le seul être humain qui ait fait preuve d’un peu d’humanité envers lui. Dès lors, dans ce monde violent et désabusé, Gâza ne cesse de penser à Cuma et conserve précieusement la grenouille en papier qu’il lui avait donnée – ce qui n’empêche pas Gazâ de transformer le dépôt en terrain d’observation des dynamiques de domination et de devenir le tortionnaire des clandestins qui ont le malheur de tomber entre ses mains. Cependant, un soir, tout bascule et c’est désormais à lui de trouver comment survivre… Le livre de poche

 

Peindre, pêcher et laisser mourir – sortie poche

de Peter Heller

Peintre en vogue, pêcheur ardent, philosophe artisanal, Jim Stegner est embarqué dans un engrenage fatal le jour où il prend la défense d’une petite jument maltraitée. Retour de Peter Heller après La Constellation du chien. Action, fureur et poésie. Babel 9.80€

 

 

Djibril ou les ombres portées

de Mahamat-Saleh Haroun

«Puisque le passé se dérobe, se dissout, je veux sauver le présent. L’emballer et le mettre en lieu sûr pour les générations futures. Je veux qu’ils sachent. Qu’ils ne tombent pas dans le trou noir du passé, comme moi. Contrairement aux gens d’ici, je parle peu. Je suis un taiseux. Je sais que nous avons eu la parole en héritage. Nous sommes condamnés à lui donner toute la place qui lui revient. « La parole, ça se décortique », disait un vieux sage burkinabè. Je suis chagriné de constater à quel point nous l’avons dévoyée, la parole.»

Dans une langue vive et fluide, riche et imagée, directe, Djibril, le jeune héros de ce roman poignant de bout en bout, raconte son amour contrarié pour la belle Hilwa, en plein cœur des meurtrières années 1980 au Tchad.Gallimard / Continents noirs 19.50€

 

L’herbe maudite

de Anne Enright

Cette année, les quatre enfants de Rosaleen Madigan retournent fêter Noël en Irlande, dans la maison de leur enfance. Ce sera la dernière fois. Leur mère, veuve depuis quelques années, a décidé de la vendre.

Constance, l’aînée, arrive avec les courses et toute sa famille. Dan rentre de Toronto, sans son copain Ludo, dont il vient pourtant d’accepter la demande en mariage. Leur cadet, Emmet, qui coordonne des opérations humanitaires, traîne un chagrin d’amour. Et la benjamine, Hanna, actrice à la capitale, apporte ses doutes et ses joies face à sa maternité toute récente.
Anne Enright examine cette réunion familiale et le passé de la fratrie avec une formidable acuité psychologique et son franc-parler réjouissant. Elle insuffle dans son roman une profonde empathie pour ces êtres qui négocient chacun un tournant délicat de la vie. Editions Actes Sud 22.80€
                                                                                Poeasy

de Thomas Clerc

Après avoir exploré Le dixième arrondissement de Paris où il habite, et son appartement dans Intérieur, il fallait, pour Thomas Clerc, ouvrir les fenêtres. Poeasy est un appel d’air vers d’autres espaces littéraires, sous la forme du vers libre et du foisonnement. Classés par ordre alphabétique, les 751 poèmes de Poeasy offrent autant de genres – lyrique, politique, narratif, autobiographique, etc. – que de facettes d’un auteur qui se donne ici comme une sorte d’artiste de variétés. Poésie légère en surface, où l’on retrouve les obsessions d’un homme qui remet toujours en jeu sa mise, qui ne réécrit jamais le même livre. L’arbalète. 24€

 

Croire au merveilleux

 de Christophe Ono-dit-Biot

«Je veux bien avoir été distrait ces temps-ci, mais je sais que si j’avais croisé cette fille-là dans l’ascenseur ou le hall d’entrée, je m’en serais souvenu. Et puisque je me souviens d’elle, c’est que je l’ai vue ailleurs.»

César a décidé de mourir. Mais une jeune femme sonne à sa porte et contrarie ses plans. Étudiante en architecture, grecque, elle se prétend sa voisine, alors qu’il ne l’a jamais vue. En est-il si sûr? Pourquoi se montre-t-elle si prévenante envers lui, quadragénaire en deuil de Paz, la femme aimée, persuadé qu’il n’arrivera pas à rendre heureux l’enfant qu’ils ont eu ensemble, et qui lui ressemble tant? Pourquoi est-elle si intéressée par sa bibliothèque d’auteurs antiques?
D’un Paris meurtri aux rivages solaires de l’Italie en passant par quelques îles proches et lointaines, Croire au merveilleux, en dialogue intime avec Plonger, est l’histoire d’un homme sauvé par son enfance et le pouvoir des mythes. Un homme qui va comprendre qu’il est peut-être temps, enfin, de devenir un père. Et de transmettre ce qu’il a de plus cher. Editions Gallimard 20€

celui qui est digne d’être aimé

d’Abdellah Taïa

cf notre critique dans la rubrique Nos livres bien-aimés

Ahmed, 40 ans, est marocain. Il vit à Paris.

Il écrit à sa mère, morte cinq ans auparavant, pour régler ses comptes avec elle et lui raconter enfin sa vie d’homosexuel.

Il envoie une lettre de rupture à Emmanuel, l’homme qu’il a aimé passionnément et qui a changé son existence, pour le meilleur et pour le pire, en le ramenant en France.

Par ailleurs, Ahmed reçoit des lettres de Vincent et de Lahbib.

Un roman épistolaire pour remonter le temps jusqu’aux origines du mal.

Abdellah Taïa est né en 1973 à Rabat. Il a publié au Seuil cinq romans, traduits en Europe et aux USA, dont Le Jour du Roi (prix de Flore 2010), Infidèles (2012) et Un pays pour mourir (2015). Il a réalisé en 2014 un long métrage à partir de son roman L’Armée du Salut.

Editions du Seuil

 

Dans l’ombre

de Arnaldur Indridason

Un représentant de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d’une balle de Colt et le front marqué d’un “SS” en lettres de sang. Rapidement les soupçons portent sur les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941.
Deux jeunes gens sont chargés des investigations : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l’Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu’il est bilingue.
L’afflux des soldats britanniques et américains bouleverse cette île de pêcheurs et d’agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité. Les femmes s’émancipent. Les nazis, malgré la dissolution de leur parti, n’ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l’île. Par ailleurs on attend en secret la visite d’un grand homme.
Les multiples rebondissements de l’enquête dressent un tableau passionnant de l’Islande de la “Situation”, cette occupation de jeunes soldats qui sèment le trouble parmi la population féminine.

Editions Métailié 21€

 

« Arrête avec tes mensonges »

de Philippe Besson

cf notre critique dans la rubrique Nos livres bien-aimés

À travers le récit autobiographique d’un amour de jeunesse, Philippe Besson met en scène un combat implacable entre vérité et mensonge.

Quand j’étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter : « Arrête avec tes mensonges. » J’inventais si bien les histoires, paraît-il, qu’elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J’ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier.
Aujourd’hui, voilà que j’obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre.
Autant prévenir d’emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale.
Mais un amour, quand même.
Un amour immense et tenu secret.
Qui a fini par me rattraper.

Editions Julliard 18€

 

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A l’occasion des 10 ans de la maison d’édition, re(découvrez) les éditions Cambourakis & repartez avec un sac inédit, pour mettre tous vos livres !

(pour deux livres achetés)

 

 

 

 

 

 

 

 

Essais / articles / bio / éco, écolo …

 

Du pacifisme en Amérique

Howard Zinn et la gauche, de la Seconde Guerre mondiale au Vietnam

de Ambre Ivol (maîtresse de conférence en civilisation des Etats-Unis à l’université de Nantes)

À l’heure où la violence sociale nous submerge, il est urgent de rappeler que d’autres pratiques collectives ont su peser sur le cours de l’histoire. Aux États-Unis, la culture de la non-violence a pris des formes multiples, portée par des regroupements religieux ou d’inspiration socialiste.
Des personnalités atypiques ont revendiqué l’héritage pacifiste. Howard Zinn est l’une de ces figures étonnantes. Connu pour sa grande fresque des luttes sociales, A People’s History of the United States, cet historien a rejoint les rangs de la contestation anti-guerre au moment du Vietnam. Sa propre participation à la libération de l’Europe durant la Seconde Guerre mondiale prend un sens inattendu lorsqu’il découvre l’horreur des bombardements au napalm… À la lumière du parcours exceptionnel de cet intellectuel de gauche, d’autres trajectoires de vie apparaissent, issues de sa génération et des suivantes, et dont l’activisme a durablement influencé la culture progressiste américaine.

Une rencontre avec l’auteure de cet essai est prévue à la rentrée de septembre/octobre 2017

Editions Armand Colin. 24.50€

 

Un journal de rêve (articles de presse 1970-1987)

de Guy Hocquenghem

Si Guy Hocquenghem fut une figure marquante du gauchisme de l’après-68, puis du Front homosexuel d’action révolutionnaire, il délaissa vite la prose militante en publiant essais et romans au cours de sa brève mais fulgurante existence. Un journal de rêve remet en lumière une autre facette de son talent – sa plume de chroniqueur, reporter et polémiste –, et offre un large choix d’articles issus de divers organes contre-culturels : Libération surtout, où il fut pigiste dès 1975 puis salarié jusqu’en 1982, mais aussi Actuel ou Gai Pied Hebdo.
Dans ce recueil posthume, on découvrira les étapes d’une pensée en mouvement qui s’obstine à repérer les nouveaux totems et tabous d’un monde en mutation, autrement dit l’archéologie de notre modernité. Trois décennies plus tard, parions que la plupart des questions ici soulevées demeurent d’une «inactualité» brûlante. Verticales 22€

 

Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe

de Chimamanda Ngozi Adichie

«Je suis convaincue de l’urgence morale qu’il y a à nous atteler à imaginer ensemble une éducation différente pour nos enfants, pour tenter de créer un monde plus juste à l’égard des femmes et des hommes.»

À une amie qui lui demande quelques conseils pour élever selon les règles de l’art du féminisme la petite fille qu’elle vient de mettre au monde, Chimamanda Ngozi Adichie répond sous la forme d’une missive enjouée, non dénuée d’ironie, qui prend vite la tournure d’un manifeste.
L’écrivain nigériane examine les situations concrètes qui se présentent aux parents d’une petite fille et explique comment déjouer les pièges que nous tend le sexisme, à travers des exemples tirés de sa propre expérience.
Cette lettre manifeste s’adresse à tous : aux hommes comme aux femmes, aux parents en devenir, à l’enfant qui subsiste en nous et qui s’interroge sur l’éducation qu’il a reçue. Chacun y trouvera les clés d’une ligne de conduite féministe, qui consiste à croire en la pleine égalité des sexes et à l’encourager. Editions Gallimard 8.50€

 

L’abandon des prétentions

de Blandine Rinkel

« Qu’est-ce qu’une vie réussie ? » Au bic, Jeanine recopie la question sur un post-it, puis, comme chaque jour, part marcher. Croisant, au cours de ses dérives, divers visages : un architecte syrien fuyant son pays, un danseur étoile moscovite, une mythomane espagnole…
Ne sous-estime-t-on pas, d’ordinaire, l’amplitude des voyages intérieurs suscités par ces rencontres fortuites ?
Sans doute fallait-il, pour en prendre la mesure, le regard d’un proche. C’est sa fille qui dresse le portrait de cette femme de soixante-cinq ans, en autant de fragments, composant un kaléidoscope où se confondent le monde et une mère. Editions Fayard 18€

Née en 1991, Blandine Rinkel écrit pour divers médias (Le matricule des anges, France Inter,  Citizen K, Gonzai…) et collabore au mouvement Catastrophe. L’abandon des prétentions est son premier roman.

 

Charlotte Delbo

de Violaine GellyPaul Gradvohl

Aux États-Unis, elle est considérée comme l’équivalent d’un Primo Levi. En France, son œuvre littéraire et théâtrale est lue et jouée depuis quarante ans. Mais qui connaît réellement Charlotte Delbo, morte en 1985 ? Pour la première fois, une biographie rend hommage à cette femme d’exception.
Secrétaire de Louis Jouvet, résistante communiste, elle est arrêtée en 1942 par la police française en compagnie de son mari, Georges Dudach, fusillé quelques mois plus tard. Elle a 28 ans et lui dit adieu dans une cellule de la prison de la Santé. Ce qui l’attend, elle, c’est la déportation : elle fait partie du convoi du 24 janvier 1943, le seul convoi de femmes politiques à avoir jamais été envoyé à Auschwitz. Sur les 230 déportées, seules 49 reviennent, après 27 mois de captivité. Charlotte Delbo se jure alors d’être celle qui témoignera de l’incroyable sororité qui les a unies et leur a permis de survivre. Dans toute son œuvre – en prose ou en vers –, elle dit et célèbre le courage de ces femmes. Militante passionnée des droits de l’homme, elle ne cessera plus de combattre les injustices et de mettre sa plume au service des plus faibles. Charlotte Delbo, une conscience dans le siècle. Editions Fayard 9.50€

Première parution aux éditions Fayard (2013).

 

Mes indépendances (chroniques 2010-2016)

de Kamel Daoud

cf notre critique dans la rubrique Nos livres bien-aimés

Journaliste depuis une vingtaine d’années, Kamel Daoud a tenu pendant quinze ans dans Le Quotidien d’Oran la chronique la plus lue d’Algérie, tout en collaborant à divers médias en ligne et en écrivant occasionnellement pour la presse étrangère. Concernant la période 2010-2016, il a ainsi signé près de deux mille textes – d’abord destinés au public algérien puis, sa notoriété grandissant, de plus en plus lus dans le monde entier –, dont cent quatre-vingt-deux ont été retenus pour ce recueil. Ce rythme effréné donne son souffle et son esthétique à l’ensemble.

Editions Actes Sud 23.90€

 

Histoire mondiale de la France

sous la direction de Patrick Boucheron

Voici une histoire de France, de toute la France, en très longue durée qui mène de la grotte Chauvet aux événements de 2015.

Une histoire qui ne s’embarrasse pas plus de la question des origines que de celle de l’identité, mais prend au large le destin d’un pays qui n’existe pas séparément du monde, même si parfois il prétend l’incarner tout entier. Une histoire qui n’abandonne pas pour autant la chronologie ni le plaisir du récit, puisque c’est par dates qu’elle s’organise et que chaque date est traitée comme une petite intrigue.

Réconciliant démarche critique et narration entraînante, l’ouvrage réunit, sous la direction de Patrick Boucheron, un collectif d’historiennes et d’historiens, tous attachés à rendre accessible un discours engagé et savant. Son enjeu est clair : il s’agit de prendre la mesure d’une histoire mondiale de la France, c’est-à-dire de raconter la même histoire – nul contre-récit ici – qui revisite tous les lieux de mémoire du récit national, mais pour la déplacer, la dépayser et l’élargir. En un mot : la rendre simplement plus intéressante !

Ce livre est joyeusement polyphonique. Espérons qu’un peu de cette joie saura faire front aux passions tristes du moment.

Editions du Seuil 29€

 

Maudits mots, la fabrique des insultes racistes

de Marie Treps

MAUDITS MOTS ou l’inventaire raisonné des mots irraisonnables, les insultes racistes. Des plus insignifiantes aux plus outrageantes. Citations à l’appui, puisées dans les textes anciens ou contemporains, elles sont toujours révélatrices de l’esprit du temps. Comment ces désignations injurieuses ont-elles été fabriquées, pour quelles raisons, dans quelles circonstances historiques ont-elles été imaginées ? On le verra, si, en la matière, l’imagination ne fait défaut à personne, les motivations, elles, sont essentielles. On observe depuis peu une « libération de la parole raciste », Maudits mots met en perspective cette logorrhée malsaine. MAUDITS MOTS, un livre d’Histoire et d’histoire.

Editions Tohu bohu 20€

 

Du paradis

de Philippe Lutz

« C’est le paradis ! »
Qui, dans des circonstances particulièrement heureuses, n’a pas déjà éprouvé ce sentiment ou prononcé ces mots ?

Explorant tour à tour l’Histoire, la peinture, la Bible ou la littérature, dans un incessant va-et-vient avec son propre vécu, Philippe Lutz interroge ce concept vieux de trois mille ans mais toujours vivant dans notre imaginaire, et dont il décline les composantes : nature, eau, nudité, complicité avec les bêtes, éloignement du monde, innocence, temps suspendu…

Un livre qui conjugue anecdotes, savoir et humour, et qui nous emmène des îles grecques aux fumeries d’opium du Laos en passant par le royaume
du prêtre Jean et les campings naturistes : autant d’adresses pour de possibles paradis, naturels ou artificiels, perdus ou à venir…

Mediapop Editions 14€

 

Encyclopédie critique du genre

sous la direction de Juliette Rennes

« Désir(s) », « Mondialisation », « Nudité », « Race », « Voix »… Les soixante-six textes thématiques de cette encyclopédie explorent les reconfigurations en cours des études de genre.
Trois axes transversaux organisent cette enquête collective : le corps, la sexualité, les rapports sociaux. Dans les activités familiales, sportives, professionnelles, artistiques ou religieuses, les usages du corps constituent désormais un terrain privilégié pour appréhender les normes et les rapports de genre. Les pratiques érotiques que les sociétés, à travers l’histoire, ont catégorisées comme normales ou déviantes occupent quant à elles une place inédite pour éclairer les articulations entre hiérarchies des sexes et des sexualités. Enfin, les inégalités liées au genre sont de plus en plus envisagées en relation avec celles liées à la classe sociale, la couleur de peau, l’apparence physique, la santé ou encore l’âge. Cette approche multidimensionnelle des rapports sociaux a transformé radicalement les manières de penser la domination au sein des recherches sur le genre.
En analysant les concepts, les enquêtes empiriques et les débats caractéristiques de ces transformations saillantes, les contributrices et contributeurs de cet ouvrage dessinent une cartographie critique des études de genre en ce début de XXIe siècle.

Editions La Découverte 35€

 

Pour un traité de démocratisation de l’Europe

de Hennette / Piketty / Sacriste / Vauchez

Comment contenir le déferlement de la vague populiste qui risque de balayer nos démocraties ? Comment prévenir l’éclatement de l’Union européenne ? Pour en finir avec des politiques économiques disqualifiées, mettre l’austérité en minorité et lutter contre les inégalités, il est urgent de démocratiser le gouvernement de la zone euro.

Rédigé par une équipe pluridisciplinaire de juristes, politistes et économistes, repris par Benoît Hamon, le projet de traité, ici présenté et commenté, institue une Assemblée parlementaire de la zone euro permettant de promouvoir la justice fiscale et sociale. Le traité peut être adopté en l’état par les pays qui s’y rallieront. Le texte est précédé d’une introduction qui expose sa mise en œuvre de façon pédagogique. L’objectif est que chaque citoyen s’empare du débat européen et que les différentes forces sociales et politiques contribuent à améliorer ce projet et à nous sortir de la sinistrose ambiante.

Stéphanie Hennette, professeure de droit public à l’université Paris Ouest Nanterre, Thomas Piketty, directeur d’études à l’EHESS, professeur à l’École d’économie de Paris/Paris School of Economics, Guillaume Sacriste, maître de conférences en science politique à l’université Paris I (Panthéon-Sorbonne), Antoine Vauchez, directeur de recherche au CNRS.

Editions du Seuil 7.50€

 

Soeurs en écologie, des femmes de la nature et du réenchantement du monde

de Pascale d’Erm

Soeurs en écologie inscrit les nouvelles  justicières de la terre dans une lignée de femmes essentielles à la pensée écologique.

De la grande déesse aux justicières de la Terre, de Hildegarde de Bingen, Rosa Luxembourg à Vandana Shiva et Rachel Carson, les femmes ont un lien particulier à la nature. Sorcières, scientifiques, économistes, juristes, pionnières de l’écologie… elles sont à l’origine d’avancées fondamentales. L’Histoire les a pourtant passées sous silence. Longtemps ignoré des batailles féministes, ce lien à la nature est aujourd’hui émancipateur.

Tel un voyage initiatique, Pascale d’Erm nous fait redécouvrir ces femmes engagées et inspirées. Au fil de ses rencontres avec nos sœurs en écologie, elle fait ici le récit d’une nouvelle façon d’habiter le monde.

Un féminisme réconciliateur et une écologie plus vivante.

Ce portrait de famille interroge nos relations à la nature, au pouvoir, aux sphères politiques. Il permet de se replonger dans les sources du féminisme et d’aller au-delà. Un récit qui ne naît pas de la nature des femmes mais de leurs expériences, au plus près, les mains dans la terre et l’âme tendue par-delà les générations. Soeurs en écologie tisse l’histoire des liens entre les femmes et la nature: d’une dévalorisation conjointe jusqu’à une réconciliation puissante. Et si le monde se régénérait aussi par la sororité et la redécouverte de la nature âme sœur ?

Editions La mer salée 20€

 

lagriculture-bioL’agriculture biologique pour nourrir l’humanité

de Jacques Caplat

L’agriculture biologique fait l’objet d’un véritablement engouement, tant de la part des consommateurs que des médias. Pourtant, ce mode de production agricole reste peu connu des citoyens et fait toujours l’objet de nombreuses approximations, tantôt positives, tantôt négatives. A partir d’une connaissance intime du sujet en étant lui même fils d’agriculteur et ancien conseiller agricole, Jacques Caplat explique dans cet ouvrage les fondements et pratiques concrètes de l’agriculture biologique. Sans angélisme ni illusion, l’auteur montre un champ des possibles de belle ampleur et un véritable espoir, tant en matière de protection de l’environnement que de production alimentaire mondiale, grâce à l’agriculture biologique.

Editions Actes Sud / Domaine du possible 24.40€

 

Soigner son jardin

et toute la collection les cahiers du jardinier

Le cahier pour soigner son jardin. 280 solutions pour un jardin en bonne santé.
Un ouvrage complet pour tous ceux qui souhaitent un jardin en bonne santé :• une présentation des bonnes conditions de culture pour avoir des plantes saines,
• de nombreuses photos et illustrations pour repérer facilement ce qui atteint
la plante,
• des conseils de professionnels et les traitements pour se débarrasser des nuisibles et des maladies dès leur apparition.

éditions Marabout 9.90€

 

animaux, condition animale

 

Les animaux ne sont pas comestibles

de Martin Page

Le véritable test moral de l’humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu’il échappe à notre regard), ce sont les relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux.
Milan Kundera

Récit du parcours de l’auteur vers le véganisme, ce livre navigue entre essai et aventure intime pour présenter la cause animale comme une lutte politique et éthique exigeante mais aussi joyeuse et inventive.
Être végane, c’est avoir la conviction que l’être humain ne doit pas asservir et tuer les animaux pour manger, se vêtir ou se divertir. C’est un chemin passionnant et imparfait, riche en réflexions, débats, rencontres et connaissances.
En racontant son quotidien, en présentant d’autres trajets et motivations (liées à l’écologie, à la santé), en informant sur la nutrition, en montrant que le véganisme est accessible et gourmand, et qu’il n’a rien à voir avec l’ascèse ou la pureté, Martin Page invite chacun, qu’il soit végane, végétarien ou omnivore, à s’interroger sur le regard qu’il pose sur les animaux et sur la place que leur assigne la société.
La lutte pour les animaux est une question de justice sociale. Il est plus que temps d’inventer un monde empathique et égalitaire.

Editions Robert Laffont 18.50€

 

La domination humaine, l’invraisemblable silence

nouvelle édition

Critique sur Vegactu : Une association édite La Domination humaine, nouvel essai convaincant qui met à nu le système spéciste commun à toutes les sociétés modernes, un système qui institutionnalise la mise à mort quotidienne de milliards et de milliards d’êtres sentients.

Entourée du médecin nutritionniste vegan Jérôme Bernard-Pellet pour la relecture du chapitre sur la santé, du militant Yves Bonnardel (auteur de la postface) et de quelques autres, Pascale Corbin fait la synthèse des multiples facettes de l’exploitation des animaux, de la domination humaine, et de l’ “invraisemblable silence” qui entoure cette question.

Nous avons apprécié l’aspect très complet de cet ouvrage, qui parvient en 500 pages à aborder aussi bien les thèmes de santé, d’incidence climatique de la consommation de viande, de psychologie (déni carniste, dissonance cognitive, mentaphobie), de législation, de religion, de sciences (vivisection) ; à décrire la vie quotidienne des grandes catégories d’animaux d’élevage ; à répondre à bon nombre de questions et de remarques — naïves ou mal intentionnées — que les vegans entendent régulièrement ; et à donner quelques conseils pour démarrer une nouvelle vie végétarienne ou, mieux !, vegan…

La bibliographie est solide, le livre bien écrit : un ouvrage à lire (tout ou partie) et à faire circuler autour de vous.

de Pascale Corbin

HSTES éditions 20€

 

Steak Machine

de Geoffrey Le Guilcher

Un CV imaginaire, une fausse identité, et un crâne rasé. Steak Machine est le récit d’une infiltration totale de quarante jours dans un abattoir industriel en Bretagne. Geoffrey Le Guilcher a partagé le quotidien des ouvriers : les giclées de sang dans les yeux, les doigts qui se bloquent et les défonces nocturnes. Un univers où, selon un collègue de l’abattoir, « si tu te drogues pas, tu tiens pas ». L’usine ciblée par le journaliste abat deux millions d’animaux par an. Une cadence monstrueuse qui mène inéluctablement au traitement indigne des hommes et des animaux.

Après trois ans passés aux Inrockuptibles, Geoffrey Le Guilcher, 30 ans, est devenu journaliste indépendant. Il collabore avec Mediapart, Le Canard enchaîné, Streetpress et Les Jours.

Editions Goutte d’or 12€

 

Biographies animales, des vies retrouvées

 de Eric Baratay

Éric Baratay propose ici des tentatives inédites de biographies animales– récits de vie ou de fragments de vie – construites à partir des ressentis, perceptions et vécus des bêtes.

On découvre sous un jour totalement inattendu la girafe du Jardin des plantes, l’ânesse de Stevenson Modestine, Warrior un cheval engagé dans la Première Guerre mondiale, le taureau Islero qui causa la mort de Manolete, mais aussi Consul et Meshie, deux chimpanzés humanisés, ainsi que les chiens Lazarus et Bummer ou encore Bauschan et Douchka.

Croisant sources écrites, images photographiques et filmées et connaissance de l’éthologie et de l’environnement, l’auteur repousse les frontières de l’écriture de l’histoire pour se placer résolument du côté de l’animal. En accumulant des matériaux sur différents destins inscrits dans leur temps, en les comparant, il propose aussi de penser des époques et des générations animales. Editions du Seuil 22€

Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Lyon, spécialiste de l’histoire des animaux, Éric Baratay a notamment publié La Société des animaux. De la Révolution à la Libération (La Martinière, 2008, repris sous le titre Bêtes de somme. Des animaux au service des hommes, Seuil, « Points Histoire », n°442, 2011) et Le Point de vue animal. Une autre version de l’histoire (Seuil, 2012).

 

le défi végane en 21 jours

de Elise Desaulniers

Un petit guide pour effectuer une transition vers la cuisine végétale et des habitudes alimentaires plus saines : des arguments environnementaux, santé, moraux; des réponses aux questions le plus souvent posées : quelle quantité de calcium par jour lorsque l’on est enceinte ? les poissons ressentent-ils de la douleur ?

Des recettes familiales et des menus équilibrés pour réussir avec gourmandise ces 21 jours de transition.

Editions La plage 10€

 

Evenements

Le 5 avril dernier, nous recevions le romancier et poète Abdellatif Laâbi, grand homme des lettres marocaines, qui vit en France depuis les années 90.

 

En écho à cette soirée, nous vous proposons en boutique quelques-uns de ses titres :

L’arbre à poèmes anthologie personnelle 1992-2012 (éditions Gallimard) / Le fond de la jarre (éditions Gallimard) / Petites lumières (éditions La différence) / Zone de turbulences (éditions La Différence) / J’atteste contre la barbarie (éditions Rue du Monde) / Oeuvres poétiques (éditions La Différence ) …

 

arts graphiques / beaux-arts / cinema

Ceux de la poésie vécue

de André Velter et Ernest Pignon-Ernest

La poésie a la vie dure, même si on l’annonce régulièrement à l’article de la mort. C’est que pour ceux qu’exaspère l’ordre meurtrier du monde, la poésie est affaire d’engagement existentiel. Elle garde trace des expériences vécues et des risques pris. Elle dit le réel, mais en le révélant plus vaste, et d’une prodigieuse intensité. Elle conjugue visible et invisible, sursauts intimes et songes partagés. Elle s’impose comme le chant profond des vivants qui ne renoncent pas aux effractions, aux abîmes, aux combats, ni aux enchantements inouïs de la vraie vie.
Ernest Pignon-Ernest multiplie les interventions par les rues et sur les murs des villes en compagnie de poètes irréductibles, capteurs de signes, porteurs de paroles, de révoltes, d’utopies. De Rimbaud à Antonin Artaud, de Nerval à Robert Desnos, de Verlaine à Pier Paolo Pasolini, de Federico García Lorca à René Char, sans oublier Baudelaire, Apollinaire, Cendrars, Maïakovski, Éluard, Aragon, Michaux, Hikmet, Neruda, Genet, Mahmoud Darwich, il n’a cessé de fixer avec eux des rendez-vous complices.
Au plus près, par le verbe et l’action, de ces grands singuliers, André Velter est tout naturellement entré en résonance avec cette aventure qui met la poésie à l’épreuve du monde et des hommes, sans omettre d’affirmer qu’envers et contre tout il est possible, ici et maintenant, de tenir parole, de ne pas baisser la garde, de ne pas être indigne de soi, ni de ses rébellions, ni de ses désirs. Actes Sud Beaux-Arts 35€

 

Claude Lanzmann, un voyant dans le siècle

Sous la direction de Juliett Simont

La vie de Claude Lanzmann est intimement et intensément liée au XXe siècle. Son œuvre est de celles, rares, qui ont bouleversé notre vision du monde. Or il se trouve que Shoah, en 2015, a passé le cap de ses trente ans et son auteur celui de ses quatre-vingt-dix ans.
Ce fut une occasion. Non de commémorer : il n’y a pas lieu de le faire, le travail de Claude Lanzmann ne relève pas du passé, il se poursuit au présent et au futur, de nouveaux films sont en préparation ; mais bien de réfléchir sur notre dette à son égard, de dire en quoi sa démarche de cinéaste – et d’écrivain – a touché en nous quelque chose de très profond, comment il a pour nous redistribué, éthiquement, intellectuellement, artistiquement, le possible et l’impossible.
S’y emploient ici en toute liberté cinéastes, écrivains, philosophes, personnalités de divers horizons, proches ou moins proches de Claude Lanzmann. C’est l’actualité vive de l’œuvre qui s’en trouve éclairée et chacun des auteurs pourrait, sans doute, mettre en exergue de ses pages les premiers mots si surprenants de Shoah : «L’action commence de nos jours…»

Avec des textes, notamment, de Shimon Peres, Arnaud Desplechin, Luc Dardenne, Philippe Sollers, Marc Lambron, Marcel Gauchet, Axel Honneth, Patrice Maniglier, Jean-Claude Milner, Boualem Sansal, Jean Hatzfeld…

Editions Gallimard 22€

 

Voyage à Film City

de Melvil Poupaud

e partie de pierre-feuille-ciseaux avec un gangster ivre mort dans un jazz club mal famé de Pékin ; des dialogues en mandarin appris phonétiquement pour donner la réplique à Melle Fan, la vedette la plus populaire de Chine ; la rencontre de pandas dépressifs ; la dégustation de testicules de cerf ; un pèlerinage sur les traces des jésuites de Chine… Ce qu’a vécu Melvil Poupaud dans l’Empire du Milieu était bien plus qu’un simple tournage : une aventure épique, un voyage initiatique, un télescopage de planètes.
Mais s’il relate les mille et un événements qui ponctuent la fabrication d’un long métrage – angoisses et secrets de comédien, incidents techniques, relations avec l’équipe, bref tout ce qui fait ce fameux « envers du décor » auquel le spectateur n’a jamais accès –, ce livre, ouvertement atypique, réinvente en même temps le journal de voyage et constitue un témoignage unique et intime sur ce qu’est véritablement le métier d’acteur.
À l’autre bout du monde, mais au cœur du cinéma. Editions Fayard 18€

Melvil Poupaud est comédien, musicien et réalisateur.

 

romans graphiques / BD

les solitaires

de Tim Lane

Tim Lane revient avec des histoires toujours aussi sombres, qui revisitent les grands mythes contemporains de la culture populaire américaine. De la beat generation au punk rock en passant par les gangs de motards.

Après Noir c’est noir, paru en 2009, Tim Lane poursuit son panorama de l’Amérique des

sans-grade, motards rebelles et autres clochards célestes. Un fan de punk s’enivre dans son pick-up, un gars quitte sa famille et roule jusqu’à un parc d’attractions abandonné, un jeune fugueur se retrouve dans un train de marchandises avec un vieux hobo… Une quarantaine d’histoires qui se répondent entre elles.

Editions Delcourt. 29.95€

 

Gérard, 5 années dans les pattes de Depardieu

de Mathieu Sapin

Mathieu Sapin rencontre Gérard Depardieu en 2012. Il l’accompagne en Azerbaïdjan à l’occasion du tournage, pour Arte, d’un documentaire sur les traces d’Alexandre Dumas. Une relation unique se noue entre les deux artistes. Dès lors, Gérard Depardieu va inviter Mathieu Sapin à partager son univers, ses pensées (philosophiques ou triviales), ses coups de gueule, que ce soit lors de tournages, au Portugal ou aux quatre coins de l’Europe, d’un voyage exceptionnel en Russie ou, tout simplement, d’un repas dans la cuisine de son hôtel particulier parisien.

Editions Dargaud 19.99€

 

Notre histoire

de Pingru et Meitang

En 2008, à la mort de sa femme Meitang, Rao Pingru entreprend de conjurer le deuil par l’encre et l’aquarelle en retraçant, in memoriam et en dessin, le destin de sa famille. Dans son appartement shanghaïen, le vieil homme se souvient du sel des jours qu’il a partagés avec Meitang et de leur vie rythmée par les battements d’une Chine en ébullition.

De sa petite enfance à son mariage avec celle qui porte aux lèvres « une touche d’écarlate », de son engagement militaire lors de la guerre contre le Japon à son internement dans un camp de rééducation où il resta vingt ans, de l’établissement de sa famille à Shanghai à la maladie de son épouse, Rao Pingru restitue dans cette histoire les jours de fête comme les jours difficiles et livre une œuvre qui ne ressemble à aucune autre, une vie dessinée à l’échelle de la Chine.

À chaque page d’un récit à la fois tendre, grave et poétique, la petite et la grande histoire, la voix unique de Rao Pingru et la marche des évolutions politiques du pays se rejoignent, donnant à lire un témoignage fort sur la vie des héros ordinaires de la Chine du siècle passé ainsi qu’une magnifique histoire d’amour.

Tour à tour soldat, comptable et éditeur, RAO Pingru est devenu peintre et écrivain à l’orée de ses quatre-vingt-dix ans. Sa sagesse, son style simple et vif, son talent d’illustrateur en font un auteur inclassable.

Editions du Seuil 23€

 

Strange fruit

de J.G. Jones & Mark Waid

Et si Superman avait atterri en plein milieu d’une petite ville du Mississipi, au sud des États-Unis, en 1927… et qu’il était noir ? Mark Waid (Irrécupérable) et J.G. Jones (Wanted) secouent l’histoire américaine et les préjugés racistes.

Chatterlee. 1927. Le fleuve Mississipi est en crue et menace de dévaster des villes entières. Des villes qui ont vécu – il n’y a pas si longtemps encore – de la richesse des plantations de coton où l’esclavage était de mise. Un être venu d’ailleurs – aux pouvoirs extraordinaires – descend littéralement du ciel et fait irruption au milieu de cette catastrophe naturelle. Sa peau est noire…

Editions Delcourt. 15.95€

 

Todd, le géant s’est fait voler son slip

de Alex Chauvel

Todd le Géant s’est fait voler son slip est le cinquième ouvrage d’Alex Chauvel. Ce récit fantastique de plus de mille pages et de 6001 cases met en scène une galerie de personnages plongés malgré eux dans une aventure qui ne manquera pas de bouleverser leur monde… Et d’autres encore. Et c’est souvent au plus fort de la péripétie, lorsque tout vacille, que le récit épique se mue en quête métaphysique.

Si Todd le Géant s’est fait voler son slip use de la recette classique et ingénieuse dont sont faites les meilleures épopées, il est originalement servi par un dessin figuratif et mini- maliste, donnant aux protagonistes une représentation graphique dans laquelle coexiste en permanence le totem et l’icône. Editions The hoochie coochie 25€

 

Un pas de deux

de Edmond Baudouin et Marianne De Wil

Edmond Baudoin et Marianne De Wil mettent à nu leur relation passionnée en publiant les lettres qu’elle lui a envoyées, et les dessins qu’il lui a répondus au fil des années.
Un Pas de Deux est le témoignage d’un amour à multiples visages, qui se livre sans fausse pudeur et sans concessions. Tirage de 1000 exemplaires

45€

 

Faire la loi

de Hélène Bekmézian / Patrick Roger / Aurel

Pour faire une loi, il faut être ministre. Pour être ministre en France en 2016, il vaut mieux avoir commencé très tôt à prendre le bon chemin, faire les bons choix, entrer dans les bons moules… et attendre son tour. Tout ça, Emmanuel Macron l’a bien compris ! Après un parcours sans faute (lycée privé, Khâgne, Science Po, ENA…), le voici en 2014 ministre de l’économie. Succédant au turbulent Arnaud Montebourg, il hérite du projet de loi pour la croissance et le pouvoir d’achat qu’il a pour mission de faire adopter avec l’aide de ses conseillers. Réunions interministérielles, débats parlementaires, conférences de presse, manifestations, avis du Conseil d’État… avant d’être mise en application, la « loi Macron » va devoir passer à la moulinette des institutions françaises. Et les méandres du Parlement s’avèrent parfois hostiles et pleines de surprises, surtout pour qui a peu l’habitude de les pratiquer.

Aurel, spécialiste du dessin politique, et les journalistes Hélène Bekmezian et Patrick Roger utilisent cette loi médiatique pour nous raconter la création d’une loi en France comme autant d’épreuves d’un jeu de société ou d’un parcours du combattant mélodramatique et toujours très théâtral devant la « représentation » nationale de l’Assemblée. Ils trouvent là un moyen judicieux et ludique d’expliquer à tous les citoyens que nous sommes le fonctionnement de nos institutions, écrasées par une complexité, une technicité et une rigueur bureaucratique qui effraient. Editions Glénat 14.95€

 

La famille Mifa

de Lisa Mandel

Dans la Famille Mifa, tout le monde est très au fait de l’actualité. Le djihadisme, les élections, l’immigration, Uber, le bio, les manifs… chacun a son petit avis sur la question ! Absurdes, extravagants, les débats qui rythment la maisonnée sont d’autant plus drôles qu’ils reflètent parfaitement la politique, les médias et les questions de société dans toutes leurs contradictions.

Lisa Mandel porte un regard sur le monde moderne chargé d’ironie féroce. À la fois simples et percutants, ses strips touchent à tous les coups. Vous ignoriez jusque-là l’univers foutraque et l’humour mordant cher à l’auteure de Nini Patalo ? Vous ne serez pas déçu. Editions Glénat 14.95€

 

Kobane Calling

de Zerocalcare

cf notre critique dans la rubrique Nos livres bien-aimés

Envoyé par l’Internationale (le Courrier International italien), Zerocalcare part aux confins de la Turquie, de l’Irak et du Kurdistan syrien pour rejoindre la ville de Kobané, à la rencontre de l’armée des femmes kurdes, en lutte contre l’avancée de l’État islamique. À partir de ce voyage, Zerocalcare livre un reportage d’une sincérité poignante, un témoignage indispensable et bouleversant qui s’efforce de retranscrire la complexité et les contradictions d’une guerre si souvent simplifiée par les médias internationaux et le discours politique. Le tout avec l’inimitable ton, extrêmement drôle et touchant, le langage et l’univers d’un auteur qui sait interpréter comme personne, le quotidien, les craintes et les aspirations de sa génération. Editions Cambourakis 23€

 

fauve d’or – Angoulême 2107

Paysage après la bataille

de Eric Lambe et Philippe de Pierpont

L’auto-radio passe Blackbird, Fanny roule vers son ultime refuge, un camping/caravaning sous la neige. Là, avec l’aide des derniers habitants du lieu, elle tentera de chasser ses oiseaux noirs et de soigner ses blessures.

«C’est avant tout du dessin. Et c’est cela qui est absolument fascinant dans ce livre : c’est la façon dont on construit graphiquement une histoire avec une narration qui n’est pas conventionnelle, mais en même temps magnifique à suivre et qui dévoile petit à petit des choses. Un vrai suspense psychologique et aussi un très, très grand livre de littérature, une forme de littérature muette.» Mathias Enard

Actes Sud BD 29€

 

Les nouvelles de la jungle de calais

de Lisa Mandel et Yasmine Bouagga

Une enquête de terrain pour découvrir l’accueil réservé aux réfugiés en France, pays des droits de l’Homme…
Lisa (la dessinatrice) et Yasmine (la sociologue) se sont rendues dans la « jungle » de Calais durant un an. Elles témoignent avec humour – et sans misérabilisme – du travail quotidie des associations pour soulager la détresse de ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui fuient la guerre.

Editions Casterman 18€

 

Corps sonores

de Julie Maroh

À Montréal, comme partout ailleurs, les couples se font et se défont. Les individus s’attirent, se repoussent, dans une perpétuelle valse des corps. Dans cette même ville s’entrecroisent des destins à la fois différents et semblables, liés par ce sentiment indescriptible : l’amour. Cette inconnue à laquelle même la science ne peut donner d’explication, ce concept qui nourrit l’imaginaire des artistes depuis toujours, est au cœur du nouveau roman graphique de Julie Maroh.

À travers vingt et une nouvelles de bande dessinée, sur 300 pages, l’auteure retrace les différentes étapes d’une relation amoureuse : les premiers flirts, les rendez-vous manqués, la vie sous le même toit, la rupture… Interrogeant les émotions, convoquant les sens, elle décrit les parcours de personnages criants de vérité. Loin des supposées « normes » de genre et des stéréotypes physiques ou raciaux, leurs corps, dans leur diversité, sont les nôtres. Avec eux, nous partageons l’excitation, les doutes, la tristesse, la joie, la honte, la colère. Comme eux, nous aimons.

Corps sonores est un ouvrage à la fois universel et résolument contemporain dans ce qu’il donne à voir de la réalité humaine. Editions Glénat 25.50€

 

Les culottées T.2

de Pénélope Bagieu

Sonita, rappeuse afghane et exilée militante; Thérèse, bienfaitrice des mamies parisiennes; Nellie, journaliste d’investigation au XIXe siècle; Cheryl, athlète marathonienne; Phulan, reine des bandits et figure des opprimés en Inde… Les Culottées ont fait voler en éclat les préjugés.
Quinze nouveaux portraits drôles et sensibles de femmes contemporaines qui ont inventé leur destin.

Editions Gallimard 20.50€

 

Tokyo Kaido

de Minetarô Mochizuki

Le Dr Tamaki mène des recherches sur le cerveau. Hashi, ne peut s’empêcher de dire à voix haute tout ce qu’il ressent et tout ce qu’il pense. Hana peut être soudainement prise d’un orgasme n’importe où, n’importe quand. Le cerveau de Mari ne perçoit pas les gens qui l’entourent, et elle vit dans un monde isolé. Hideo dit pouvoir “entrer en contact avec les extra-terrestres”.

Editions Le Lézard noir 15€

 

La cantine de minuit T1

de Yarô Abe

Dans ce petit restaurant situé au fond d’une ruelle du quartier de Shinjuku, le patron vous accueille de minuit à sept heures du matin. La carte ne propose que du tonjiru, soupe de miso au porc, ainsi que du saké, mais selon vos envies, on vous préparera à la demande tout ce qu’on est en mesure de vous servir.

Editions du Lézard noir 18€

 

Musique

Sociologie d’un génie de la poésie chantée : Brassens

de Salvador Juan

Alors qu’il incarnait l’anti-idole par excellence et que ses textes sont souvent exigeants, Brassens a eu de très nombreux admirateurs – de diverses idéologies et de toutes les classes sociales. Il a vendu soixante millions de disques. Toutes sortes de raisons font de Brassens un phénomène social tout à fait singulier : les multiples reprises et versions de ses chansons, y compris dans les dizaines de langues de ses traductions ; le nombre impressionnant d’établissements ou de rues portant son nom ; la diversité des chanteurs-poètes ayant repris ses textes ou composé une chanson en son honneur ; les sites et les fort actives associations qui lui sont dédiés ; la masse des ouvrages et biographies – à peu près deux cents livres – écrits sur lui ; son succès tant sur les ondes, 35 ans encore après son décès, que dans les manuels scolaires, etc.

Cet essai considère Brassens comme un analyseur social tant de la diversité des publics que de la complexité culturelle de la société.

Editions Le bord de l’eau. 18€

 

Pop memories

de Cathy Karsenty

Un journal intime musical qui fait divaguer et invoque nos propres souvenirs les plus vivaces, les plus intimes, les plus drôles, les plus honteux, les plus enfouis, les plus vibrants : les souvenirs liés à la musique.

Un petit livre avec des souvenirs relatés avec justesse et émotion. La répétition

des « Je me souviens » agit comme une petite musique, et on se plaît à traverser les « pop memories » de Cathy Karsenty comme une douce promenade entre un premier amour, une route de vacances, un premier CD, un générique, un voyage en train, bref : la redécouverte tendre et amusée de nos premières émotions musicales.

Editions  Dargaud  collection Tapas 13.95€

 

Low Down

Jazz, came, et autres contes de la princesse be-bop

Low Down est l’histoire d’une enfance chaotique et mélomane dans l’Amérique des années 60

Pionnier du be-bop, proche de Charlie Parker, le pianiste blanc Joe Albany mourut en 1988, oublié. Sa fille Amy-Jo raconte : Los Angeles, les 60’s, l’enfance chaotique, la bohème et ses freaks, le bonheur volé ici et là, la drogue, le jazz… Et ce père adoré, «mélodie insoumise» faite homme, perdant virtuose qui lui laissait en héritage la passion de la musique. Hommage bouleversant, ce portrait en miroir vibre d’une grâce féroce, portée par une prose au swing époustouflant. Une magnifique leçon de survie et d’amour fou.

de A.J. Albany

Editions 10/18

 

Syd Barrett le rock et autres trucs

de Jean-Michel Espitallier

Figure mythique du rock, membre fondateur de Pink Floyd dont il est le principal auteur et compositeur jusqu’au premier album The Piper at the Gates of Dawn, Syd Barrett sera viré du groupe dès 1968 en raison de ses excès de drogues et d’une santé mentale inquiétante. Il a 22 ans. La légende débute. Certains disent que le Floyd ne peut exister sans lui, d’autres que son éviction permettra au groupe de trouver le son qui le rendra célèbre. Jean-Michel Espitallier, lui, cherche plutôt à comprendre les mécanismes qui créèrent la légende de Syd Barret. Dans un style unique, drôle et érudit il en dresse un portrait touchant, à moins que ce ne soit le portrait de toute une époque. Il parle de Syd bien sûr mais aussi de lui-même et de leur vraie-fausse rencontre, des années soixante et soixante-dix, du rock et de ses légendes, de Rimbaud, des feux follets qui marquèrent les arts avant de s’éteindre, des fans et de la jeunesse éternelle, de son besoin constant de réinvention.

Editions Le mot et le reste 15€

 

Kate Bush le temps du rêve

de Frédéric Delâge

En 1978, une jeune femme de 19 ans choisit contre l’avis de sa maison de disques une chanson à l’étrangeté lunaire qui détonne en pleine déferlante punk : « Wuthering Heights » sera le 45-tours qui lancera sa carrière. Dès ses débuts, Kate Bush a cultivé un sens de l’audace et de l’autonomie, transgressant de manière unique les codes de la pop, imposant sans compromis sa vision. C’est la chercheuse de sons qui délivre en 1982 le stupéfiant The Dreaming puis en 1985 l’emblématique Hounds of Love. C’est l’architecte mature de Aerial, en 2005, puis six ans plus tard de 50 Words for Snow, autant d’albums où elle parvient à se réinventer magistralement. Après sa première et dernière tournée en 1979, cette icône est revenue sur scène en 2014 pour une triomphale série de concerts londoniens. Au-delà du parfum de mystère entretenu par de régulières et parfois longues disparitions, ce sont bien la force de sa musique et l’intégrité de sa démarche qui ont fait de Kate Bush une référence transcendant les styles et les générations.

Editions Le mot et le reste 19€

 

Pascal Comelade une galaxie instrumentale

de Pierre Hild

Depuis son premier disque publié en 1975, Pascal Comelade a tracé un parcours musical sans nul autre pareil en France. Cet enfant de la frénésie rock des années soixante et soixante-dix, passionné par les musiques populaires et la musique instrumentale, a déployé une œuvre profuse incluant de nombreuses collaborations avec notamment Richard Pinhas, P.J. Harvey ou Robert Wyatt. Ses compositions évoquent, suivant les époques et les mélanges, La Monte Young, MC5, Erik Satie, Jonathan Richman, Nino Rota, Captain Beefheart, Ennio Morricone, Suicide, etc. Apologiste de la reprise, praticien d’une forme de spontanéisme musical, ses thèmes instrumentaux ont aussi accompagné de nombreux films, ballets, et travaux de plasticiens – de Bob Wilson à Miquel Barcelo. Du folklore à l’underground, de la pataphysique au riff, de la musique répétitive aux instruments-jouets, voici une autre histoire, personnelle, comme un plat combiné toujours recomposé, de la musique de l’après-guerre à aujourd’hui.

Editions Le mot et le reste 20€

 

black-music-_x450le petit livre Black Music

de Bourhis et Brund

Hervé Bourhis et Brüno racontent leur amour des musiques noires. Sans évoquer le jazz – sujet monumental –, ils parlent juste des musiques populaires, et uniquement celles issues des États-Unis d’Amérique, entre 1945 et 2015 : de Louis Jordan à Kendrick Lamar, du blues à Beyoncé. Année après année, ils rappellent les événements marquants, les symboles et mentionnent certaines grandes figures culturelles, politiques ou même sportives. À travers une évolution musicale et visuelle se dessine ainsi le récit de l’émancipation lente et toujours inachevée d’un peuple, depuis la ségrégation jusqu’à Obama.

Editions Dargaud 22.50€

 

le-chant-de-la-machineLe chant de la machine

de David Blot et Mathias Cousin

Toute l’épopée de la house music racontée en bande dessinée ! Et non seulement relatée en images mais enseignée : ce genre inclassable n’aura plus de secret pour vous. Vous saurez comment est né le maxi disco, vous pourrez répéter partout ce que le break doit au uprock, on ne vous la fera plus jamais avec le bass drum. Kool Herc mixait sans casque ? Bien sûr ! New Order serait le chaînon manquant entre la pop et la dance ? Évidemment ! Depuis les seventies’nuits musicales du Loft à New York avec le dj David Mancuso et le Gallery de Nicky Siano jusqu’au Palace à Paris en passant par tous les dance-floors, une véritable fresque musicale se déplie sous nos yeux, en vignettes, en chansons, au son d’une disco enfiévrée, à coups de synthétiseur et de rythmes érotico-endiablés. Personnages dégingandés de cette scène époustouflante, tous les grands acteurs à l’origine des musiques électroniques défilent comme autant de stars ou de héros oubliés, se déchaînent sur les pistes les plus pailletées, inventent un genre nouveau et une manière inédite de diffuser la musique ! Le rythme haletant des vignettes retrace à grandes enjambées les influences, les inspirations et les destinées sans que le dessin ne perde en précision. Le lecteur se faufile dans les clubs new-yorkais et s’invite comme par effraction au Palace.

Editions Allia 20€

 

PHOTO

istanbulIstanbul

de Marc Riboud

1950-2000 : cinquante années du destin de la  » Ville des Villes « , fragments de l’étonnante pérennité de cette cité aux trois noms, sise sur la fracture du Bosphore, et habitée par un éternel mouvement de balancier entre Orient et Occident. En ouverture, Jean-Claude Guillebaud, rappelant les cycles de l’histoire qui modelèrent Istanbul, met en évidence sa démesure et la fascination qu’elle exerça, et exerce encore, sur tous ceux qui la découvrent. Pour donner à voir l’unité et la continuité d’Istanbul dans le temps, Marc Riboud choisit – apparent paradoxe – le mode de la brisure et nous offre une mosaïque composée d’instantanés, de moments éphémères et anodins, d’où surgissent les étapes d’un voyage de mémoire dans les rues et les ruelles. Il naît de cette rencontre entre un lieu et un homme une image sensible et changeante, traversée de tremblements, tout aussi fidèle à la réalité de la ville qu’à la sensibilité de l’artiste ; image non pas glacée, esthétique,  » éternelle  » mais image essentielle d’Istanbul,  » toujours prête à tenter le destin de l’autre côté du Bosphore, à accueillir le foisonnement du monde et à le faire sien « .

Imprimerie nationale Editions 45€

 

demyLe petit comptoir Jacques Demy

 

Les maquettes du cinéma de Jacques Demy

Inédit à Nantes ! Amusez-vous à reconstruite l’univers de Jacques Demy avec ces maquettes …

cp-parapluiescp-peadu-daneLes magnets / cartes postales

Sur le frigo, dans sa voiture, dans sa poche en fétiche, sur son ordi … les robes pailletées de Catherine Deneuve font scintiller le quotidien.

 

Les dossiers de presse – petits cahiers spéciaux !

Cela ne se fait plus, c’est totalement old schhol ou bien vintage au choix, en tout cas, nous les proposons ! Grâce au travail d’Agnès Varda qui réédite ces documents passés de mode …

Les livres

jacques-demy-et-les-racines-du-reveJacques demy et les racines du rêve

de Jean-Pierre Berthomé

Mort en 1990, le cinéaste Jacques Demy laisse derrière lui une oeuvre unique, inclassable, dont l’élégance et l’apparente légèreté masquent mal la gravité profonde. C’est ce double visage du réalisateur que dessine Jacques Demy et les racines du rêve de Jean-Pierre Berthomé, au travers des entretiens avec le cinéaste, ses amis, ses acteurs et ses collaborateurs, des analyses des films, et des rapports que le livre tisse, avec acuité et méthode, entre le cinéma et la vie, image par image. Publié pour la première fois en 1982, puis réédité en 1996, Jacques Demy et les racines du rêve fait l’objet ici d’une nouvelle édition mise à jour.

Editions L’atalante

 

le-cinema-enchante-deLe cinéma enchanté de Jacques Demy

de Camille Taboulay

Pour tous ceux qui gardent le souvenir émerveillé des Demoiselles de Rochefort et des Parapluies de Cherbourg, une plongée dans le monde enchanté de Jacques Demy à partir de ses archives personnelles, scénarios, carnets et croquis, documents et photos inédits.

Mon idée est de faire 50 films qui seront tous liés les uns aux autres,dont les sens s’éclaireront mutuellement à travers des personnages.

forte de cette idée en guise de fil d’ariane,Camille Taboulay s’est mise au travail,immergée dans les « Archives Jacques Demy ».Elle a ainsi eu accès aux différentes versions manuscrites de ses scénarios,à ses carnets de travail qui mêlent intimement réflexions sur son métier,notes de création et de préparation des films,ébauches et brouillons des chansons,croquis et poèmes…et enfin de nombreux documents photographiques inédits.

Armé d’un enthousiasme peu commun,faculté de l’enfance préservée,doublée d’une force opiniâtre,enfin s’appuyant sur quelques rencontres décisives,Demy a su insuffler son rêve au cinéma,l’offrir totalement dans sa partie visible et aboutie.

Editions Cahiers du Cinéma 29.95€

 

une-chambrejacques demy – Une chambre en ville

de Raphaël Lefevre

Réalisé en 1982 après une longue période de projets avortés et de commandes, Une chambre en ville est à la fois un retour aux sources pour Demy (roman de jeunesse inspiré par l’histoire de son père ; recours à la continuité chantée des Parapluies de Cherbourg) et une saillie insolite dans sa filmographie : un film d’une rare violence surnageant sa curieuse fin de carrière, faite d’audaces maladroites et de franchise décomplexée.
Comme en un retour impressionnant du refoulé, le film semble laisser s’épancher l’inconscient qui jusqu’alors ne faisait que craqueler la façade vernie du Demy – monde. Cet essai a pour fil conducteur l’analyse des effets contrastés de la continuité chantée – geste démocratique puissant, jeu passionnant avec le langage et expression d’un combat désespéré contre le principe de réalité. Sans oublier la manière dont Une chambre en ville fait tenir ensemble sur une corde raide, au risque du ridicule et de l’implosion, tant d’éléments contraires (réalisme et artifice, trivialité et lyrisme, sentimentalisme et aigreur), il tente également d’apprivoiser la folie, la beauté ingrate et la profonde étrangeté de ce grand film malade, aussi doux qu’agressif.

Editions Yellow Now 12.50€

 

Les films bien sur …

le-joueur-deLe joueur de flûte,

éditions collector avec Puzzle .

Editions Ciné tamaris

 

 

les-parapluies

lola-dvd

la-baie

 

 

 

 

les parapluies de Cherbourg, les demoiselles de Rochefort, la baie des anges, peau d’âne (plusieurs versions dont une collector), lola, l’événement le plus important … éditions ARTE

 

Gastronomie & vin

130 recettes vegan

de Clémence Roquefort

La cuisine végétalienne est d’abord un moyen d’adopter une « alimentation santé », la garantie d’un bon apport :
– en aliments d’origine végétale (riches en fibres, en vitamines et en sels minéraux) ce qui permet de maîtriser son poids et favorise la prévention du diabète.
– en légumineuses (riches en protéines végétales et en minéraux).
– en oléagineux (riches en protéines, en fer et en acides gras essentiels).
Manger végétalien, c’est aussi fortement réduire les apports en mauvaises graisses d’origine animale, ce qui permet d’éviter l’élévation du taux sanguin de mauvais cholestérol et favorise la prévention des maladies cardio-vasculaires.

Poche Marabout 6.50€

 

Invasion de cookies, 100 recettes vegan

de Isa Moskowitz, Terry Hope Romero

Si vous êtes gourmand(e), vous allez succomber à cette délicieuse invasion de cookies que vous proposent Isa Chandra Moskowitz et Terry Hope Romero. Cookies, savoureux biscuits en barres, biscuits chics (non, plus besoin d’attendre Noël!) ou encore biscottis: ce sont des dizaines de recettes véganes qui vont envahir votre cuisine. Craquez, succombez et laissez-vous tenter par les Biscuits sandwichs fourrés au beurre de cacahuète ou les merveilleux cookies moelleux aux carottes, épices et raisons secs! Isa Moskovitz et Terry H. Romero ont publié de nombreux titres dans la collection V.

Editions L’âge d’homme 15€

 

Vegan

de Marie Laforêt

Une somme très complète sur la cuisine végétalienne (sans aucun produits animaux) : la participation d’un médecin spécialiste de la nutrition, plus de 500 recettes très illustrées…

• Un chapitre rédigé par le docteur Jérôme Bernard Pellet, expose les grandes lignes de l’équilibre nutritionnel végétalien : où trouver protéines, calcium, vitamine B12… les erreurs à éviter, les publics à risques…

• Plus qu’un simple recueil de recettes l’ouvrage propose des informations sur les ingrédients phares de la cuisine vegan (noix, graines de lin, pois chiches, avocat…) et insiste sur les savoir-faire nouveaux à acquérir : fabriquer des fromages végétaux, des crèmes ou des laits vegan…

• Au total plus de 500 recettes pour toutes les situations, du barbecue au réveillon, avec un point fort sur les desserts spécifiques (mousse au chocolat sans oeufs, «cheese» cake vegan…)

GOURMAND WORLD COOKBOOK AWARDS
Le jury des Gourmand World Cookbook Awards a désigné Vegan
comme meilleur livre de l’année dans la catégorie livres de cuisine vegan.

Editions La Plage 29.95€

 

fromages-vegan-marie-laforet-600x832Fromages vegan

de Marie Laforêt

Que l’on renonce aux laitages pour sa santé ou par conviction vegan, nul besoin de faire un trait sur le fromage.
Avec quelques ingrédients bio et un peu de créativité, on peut fabriquer à la maison feta, gouda ou petits crottins 100 % végétaux.
À base de noix de cajou, d’amandes, de soja, de sésame… voici 25 recettes originales et goûteuses à tester.

Editions La Plage 12€

 

Presque végétarien

Dans ce livre de cuisine familiale, les stars des 120 recettes sont les légumes et les graines.

• ceux qui veulent progressivement devenir végétariens, ou qui veulent réduire leur consommation de viande au quotidien, trouveront plus de 50 recettes qui contiennent un peu de viande blanche, de fruits de mer ou de poisson ;
• un chapitre « lundi-sans-viande » permet à ceux qui ne souhaitent pas devenir végétariens de faire une expérience une fois par semaine avec des plats nourrissants bien que veggie ;
• les deux derniers chapitres sont pour les convertis : l’un strictement veggie, et l’autre vegan.

Marabout 15.90€

 

Protéines vertes, la bible

Les protéines ne se trouvent pas uniquement dans la viande ! Elles sont aussi dans certains végétaux.
Inspiré de differentes alimentations à travers le monde, ce livre souligne les bénéfices des protéines vertes sur votre organisme et explique comment celles-ci peuvent influer sur votre régime alimentaire.
Fern Green a choisi les meilleures protéines végétales, dites protéines vertes et a développé des recettes aux saveurs et textures variées à déguster tout au long de la journée.
Des falafels aux patates douces jusqu’aux lentilles de Puy grillées/Feta/l’huile au basilic.
Ces recettes explosent en bouche lors de la dégustation.

Marabout 10.90€

 

Veggie, je sais cuisiner végétarien (100 recettes)

Clea nous transmet de réels savoir-faire :
• Composer des assiettes complètes, des plats uniques rapides pour toutes les occasions (du pique-nique au réveillon) et tous les publics, depuis les copines au régime jusqu’aux ados affamés. Des plats mythiques de la cuisine végétarienne, comme le tofu laqué au beurre de cacahuète, sont présentés pas à pas en photos.
• Faire aimer les légumes aux enfants ! Essayez la betterave sublimée dans des brioches roses, les coquillettes en gratin à la ratatouille et au sésame…
• Recevoir différemment, autour d’une raclette végétarienne, de veggie burgers ou d’un wok comme à Bali…
• Finir en beauté avec des desserts gourmands et équilibrés : mousse au chocolat végétale, pudding de tapioca à l’abricot et au lait d’amande…

La Plage 29.95€

 

Je cuisine gourmand avec les laits végétaux

75 recettes santé qui gagnent en gourmandise avec les laits végétaux !
Sans lactose ni cholestérol, mais riches en précieuses graisses insaturées, minéraux et vitamines, les laits végétaux sont un substitut idéal au lait de vache. Mieux ! Ils donnent de la personnalité à nos plats, car leur palette d’arômes offre de quoi renouveler nos créations culinaires. Encore faut-il savoir les utiliser.
Laits de coco, riz, soja, amande, noisette, avoine, épeautre, sarrasin, châtaigne, millet, cajou et okaras… Ulrike Skadow nous explique comment les choisir ou les fabriquer, et les cuisiner en 75 recettes gourmandes :
Parmentier de haddock au lait d’épeautre – Côtes de veau à la crème de riz – Clafoutis artichauts-jambon cru au lait de millet – Lasagnes végétariennes au lait de soja – Blinis au lait de sarrasin – Soufflé de potimarron au lait de châtaigne – Smoothie hivernal – Mousse au chocolat à la crème de noisette – Glace au pralin au lait d’amande – Confiture de lait de coco – Crackers à l’okara d’épeautre…

Editions Albin Michel 15.90€

 

Revue Kaizen, 120 recettes végétariennes

Le nouveau hors-série du magazine Kaizen est une invitation à se régaler les papilles. Cet ouvrage de 128 pages est en effet entièrement consacré à la cuisine. Et quelle cuisine ! 100 % bio et végétarienne, et même souvent totalement végétalienne. Nous le savons désormais, de toutes les démarches à mettre en place pour réduire notre impact sur l’environnement et réduire nos émissions de gaz à effet de serre, arrêter de manger de la viande est de loin la plus signifiante (lire rappel ci-dessous). Sans compter le respect de l’animal en tant qu’être vivant et les bénéfices pour la santé qu’elle représente. Alors, laissez-vous tenter par ces invitations végétariennes ! Poussez la porte de ce nouveau numéro hors-série de Kaizen, et découvrez comment faire des repas de fête au quotidien avec plus de 120 recettes délicieuses : pour un goûter d’anniversaire, une soirée burgers entre ados, un barbecue, mais aussi pour Noël, la Saint-Valentin, Pâques… Attention, ce hors-série met méchamment l’eau à la bouche !

12€

 

guide-amphoreGuide amphore vins bio 2017

de Christophe Casazza

Après un point précis sur la situation de la bio aujourd’hui, le guide présente les 450 meilleurs vins bio commercialisés en 2017, issus des meilleurs vignobles de France et du monde. Tous les vins sont présentés dans le détail : présentation des domaines, type de viticulture (bio / biodynamie / en conversion), notes de dégustation des vins, potentiel de garde, prix, conseil de dégustation…

Editions de La Martinière 20.90€

 

pur-jPur Jus

de Justine Saint-Lô et Fleur Godart

cf notre critique dans la rubrique Nos livres bien-aimés

Fleur Godart et Justine Saint-Lô nous emmènent à la rencontre des vignerons de demain. Pendant un an, elles ont sillonné le vignoble et découvert ceux qui, à l’écoute de la nature, ont choisi de travailler la vigne autrement.
La taille, le travail des sols, les traitements, les grandes questions telles que l’équilibre de la faune et de la flore en milieu viticole ou celles, fondamentales, du désir de faire du vin et du sens qui en découle sont abordés. De Collioure à Bordeaux, en passant par la Champagne, la Loire, le Beaujolais, Majorque ou encore l’Auvergne, les traditions diffèrent autant que les contraintes, les pratiques de culture se métissent et c’est cette variété que les deux auteurs partagent et mettent en avant à travers cette bande-dessinée.
Fleur Godart et Justine Saint Lô nous font découvrir les personnalités, riches et variées des vignerons qui interprètent ces terroirs.
En plus de ce récit graphique, un lexique viticole complet est présenté en fin d’ouvrage.

Editions Marabout 22€

 

savoir-enfinSavoir enfin qui nous buvons

de Sébastien Barrier

L’aventure-fleuve de Savoir enfin qui nous buvons, dont on n’ose à peine dire s’il s’agit d’un spectacle sur le vin naturel et leurs vignerons tant il est aussi tellement d’autres choses, nous l’avait appris à nos dépens : sept heures d’une performance solo, sept heures d’une parole comme emballée, débordante, qui nous conduisait, le vin aidant – puisque nous en goûtions sept fois trois centilitres – des arômes du terroir ligérien à la délicatesse des rites Papous, de la chimie de Jules Chauvet à la théorie controversée du célibat polygamique à visage découvert, des hurlements d’un morphinomane agonisant à des considérations documentées sur la complexion du système digestif des Japonais, le tout entrecoupé de récits de cuites carabinées et de méditations sur notre étrange besoin de conversion.

Editions Actes Sud 35€

 

LES REVUES : retrouvez vos revues préférées aux Bien-aimés !    

Etapes

Pour le philosophe Michel Serres, “un nouvel humain a fait son apparition : il n’a plus le même corps, la même espérance de vie, ne communique plus de la même manière, ne vit plus de la même nature, ne parle pas la même langue et n’habite plus dans le même espace.”* Les millenials, cette nouvelle génération née après les années 1980, et encore plus ceux nés après les années 1995, portent les valeurs et les nouveaux modes de vie de la société occidentale contemporaine.
“Au-delà de la permissivité des moeurs, il s’agit d’une quête de sens, un accomplissement.” Cible privilégiée depuis quelques années, cette génération est aussi fabuleuse que difficile à maîtriser pour les marques qui cherchent par tous les moyens à la séduire. Dans ce contexte, les champs de la mode et du luxe ne sont pas épargnés et tentent de réinventer continuellement leur image pour attirer ce consommateur exigeant. De plus en plus nombreuses, les marques n’ont jamais eu autant besoin de graphisme, de films ou de visuels animés pour se singulariser dans la rue comme sur les réseaux sociaux. Confrontée aux exigences du monde du luxe et à celles d’une génération toujours en mouvement, la diversité des apparitions de ces marques coalise les défis d’un graphisme qui se conjugue au présent. Un pas dans l’instant T, un pas dans l’avenir.

PAR CAROLINE BOUIGE & ISABELLE MOISY

 

Les Autres Possibles n°5

Le n° 5 a pour dossier « Danser jusqu’au bout de la nuit » / 2€

Quelques mots de l’équipe de ce nouveau magazine nantais

Le fond : Les Autres Possibles (anciennement Le MAP) propose des enquêtes. Grâce à sa fréquence mensuelle, il donne le temps à chaque journaliste d’approfondir son sujet. Nous nous attacherons particulièrement au respect de la mixité des interlocuteurs. Le but est notamment de faire entendre des voix rares médiatiquement, en s’efforçant d’aller à la rencontre de tous : âge, genre, urbain, ruraux, riches, pauvres, grands, petits, assis, debout…

La forme : Les Autres Possibles est un magazine en forme de carte routière qui se déplie avec des articles au recto, et une vraie carte au verso : la map des Autres Possibles. Chaque mois elle sera illustrée par un artiste émergent, de quoi démarrer une vraie collection de posters !

Le rapport au lecteur : Une transparence à 100% sur le financement, le projet, les questions déontologiques. Les Autres Possibles souhaite répondre à toutes les questions des lecteurs qui peuvent contacter et rencontrer facilement la rédaction, pour raconter le territoire, son histoire, ses initiatives solidaires… Les Autres Possibles est un outil au service des habitants !

L’implication du média sur son territoire : Nous tenons à construire une communauté de lecteurs, d’ambassadeurs, de partenaires et distributeurs. Dans un second temps, nous aimerions développer des ateliers d’éducation au média, des événements socio-culturels et festifs, toujours dans le souci d’aider à l’émergence de projets et la mise en réseau des acteurs.

 

& les autres revues … pop corn (ciné-enfants) / RELIEFS / 6 MOIS / XXI / 303 / REPLIQUES / portrait / la revue dessinée / TOPO / sang-froid …

 

 

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