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SAMEDI 8 SEPTEMBRE 2018 DE 18H A 20H – EVENEMENT !

Cyril PEDROSA et Roxanne MOREIL en dédicace pour leur nouvelle BD fraîchement sortie (la veille, le 7 septembre!)

L’âge d’or – Volume 1 – Dupuis éditions, Air Libre

La légende parle d’un « âge d’or, où vallées et montagnes n’étaient entravées d’aucune mu-raille. Où les hommes allaient et venaient librement… »
Mais ce temps lointain est bien révolu.
Le royaume est accablé par la disette et les malversations des seigneurs de la cour. À la mort du vieux roi, sa fille Tilda s’apprête à monter sur le trône pour lui succéder. Avec le soutien du sage Tankred et du loyal Bertil, ses plus proches conseillers et amis, elle entend mener à bien les réformes nécessaires pour soulager son peuple des maux qui l’accablent. Mais un complot mené par son jeune frère la condamne brusquement à l’exil.

Guidée par des signes étranges, Tilda décide de reconquérir son royaume avec l’aide de ses deux compagnons. Commence alors un long périple, où leur destin sera lié à « L’âge d’or » ; bien plus qu’une légende, bien plus que l’histoire passée des hommes libres et de leur combat, c’est un livre oublié dont le pouvoir est si grand qu’il changera le monde.

Sur un scénario remarquablement moderne, coécrit avec Roxanne Moreil, Cyril Pedrosa revient dans un conte médiéval unique. Un récit d’aventures épique, brodé d’utopie, où se dessine en filigrane la capacité des hommes à s’inventer un nouvel avenir commun. Le premier tome d’un diptyque majestueux.

Voici des détails éclairant sur « L’âge d’or »,  extraits du site internet de France Inter :

« Comment parler d’utopie aujourd’hui ? Peut-on encore rêver d’un monde meilleur ? Ce questionnement politique est à l’origine de L’Âge d’or, à l’heure où les désillusions et le cynisme semblent l’emporter sur tous les idéalismes jugés au mieux candides, au pire suspects. C’est au détour d’une discussion entre Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil, sa compagne, libraire de profession, que l’idée a germé de projeter le récit au Moyen Âge.

Le Moyen Âge avec ses manants et ses seigneurs est le cadre idéal pour mettre en scène une fable politique. L’utopie redevient audible. Autant on a du mal à imaginer la fin de notre monde contemporain, autant tout le monde conçoit facilement la fin de la féodalité. Pourtant à l’époque, ça n’avait rien d’évident explique le dessinateur. Roxanne Moreil signe avec L’Âge d’or son premier scénario de bande dessinée. La fin du Moyen Âge est aussi la période des premières utopies qui, selon l’étymologie du mot forgé par Thomas More en 1516, sont des lieux imaginaires, terreaux vierges pour bâtir des cités idéales comme la célèbre abbaye de Thélème dans le Gargantua de Rabelais. Pourtant les deux auteurs rejettent la convocation de références littéraires et historiques trop précises. 

Cyril insiste : Il est finalement plus question d’esprit rabelaisien que des écrits de Rabelais. De même, on s’était renseignés sur les révoltes populaires, notamment autour de Thomas Müntzer, en Allemagne. Historiquement, les révoltes de la fin du Moyen Âge aux revendications égalitaires sont portées par la contestation religieuse et la naissance du protestantisme. On ne voulait surtout pas rentrer dans ces considérations religieuses. L’enjeu était de parvenir à faire du divertissement avec une intrigue politique. L’équilibre était compliqué. La religion aurait encore brouillé le propos. 

Pris au jeu des situations miroirs pour parler d’aujourd’hui, un cadre historique et religieux trop réaliste aurait pu conduire à des contresens entre ce monde fantasmé et l’actualité contemporaine. Dans ce Moyen Âge laïc et pourtant enchanté, l’Âge d’or est le mythe fondateur, le texte perdu des origines, révélé au fil de la narration par des fragments qui évoquent l’égalité, la fraternité et le bien commun source du bonheur individuel, avant de s’incarner en objet magique à la fin du premier tome, dans une séquence digne d’Indiana Jones.

À la manière d’une allégorie du pouvoir de la connaissance, le texte et sa puissance d’évocation, de mobilisation et de prise de conscience, matérialisé dans un livre-objet ensorcelé capable de fonder la société idéale ou de tout détruire, devient le personnage à part entière du récit d’aventure, un peu à la manière de l’anneau de Sauron dans Le Seigneur des anneaux, en prenant possession des différents protagonistes. 

C’est l’Âge d’or qui fait basculer les personnages, encourage l’ambition des puissants, celle du roi défunt et de sa fille la princesse Tilda, de même qu’il inspire les révoltes du peuple. L’utopie ainsi incarnée sert de pivot dans un univers d’heroic fantasy qui convoque un imaginaire collectif imprégné du souvenir des contes de fées, de Robin des Bois, de chevaliers ou de châteaux forts. 

Roxanne insiste : Ce qui est intéressant n’est pas de créer un nouveau monde ; on part de l’imaginaire commun. Il y a un vrai plaisir à tordre et transformer ces codes familiers qu’on a assimilés depuis l’enfance. Mais la construction de l’histoire restait le plus important. 

De fait, le diptyque a d’abord été pensé d’un seul tenant en quatre parties structurées comme quatre saisons. Au premier tome assez lumineux répond un second tome plus crépusculaire. « On a soigné l’écriture du scénario pour faire en sorte que tous les éléments s’imbriquent bien, en resserrant les effets d’annonce pour soutenir le rythme du récit », ajoute-t-elle. Poussé par la fuite en avant de l’héroïne et le contexte de révolte et de guerre, le lecteur est entraîné de rebondissement en rebondissement au cours d’une cavale épique éblouissante. 

Une chanson de geste féministe

De chevauchées en exploits guerriers et péripéties fantastiques, L’Âge d’or rappelle les chansons de geste, sauf qu’au jeu des inversions des canons médiévaux, une femme a remplacé le preux chevalier. 

Roxanne commente : Au départ, Cyril tâtonnait en dessinant des personnages de princesse, et on a commencé à raconter son histoire. On tenait vraiment à ce qu’il y ait une dimension féministe, c’est pourquoi on a aussi imaginé la communauté de femmes dans la forêt. 

Personnage de pouvoir, incarnation de la tyrannie, la princesse Tilda aimante le mystère au gré de ses malaises et de ses visions traitées en séquences graphiques plus abstraites et énigmatiques.

« Le diptyque décrit la longue quête intérieure de cette jeune princesse, monarque éclairée transformée par la vengeance en chef de guerre violent avant de comprendre la finalité de son destin » ajoute Cyril. 

Choisir un personnage féminin au pouvoir autoritaire déterminait en miroir inverse la mise en scène d’une société égalitaire et féministe à travers la communauté rassemblée dans la forêt autour d’Abigaëlle, où la princesse blessée après son évasion est recueillie pour être soignée. Si cette communauté peut rappeler les couvents de religieuses au Moyen Âge, ce refuge exclusivement réservé aux femmes sert de modèle autarcique d’autonomie d’une collectivité exemplaire et combative.

Ces femmes font la démonstration concrète du projet utopique exposé à travers l’organisation de leur microsociété qui distribue les activités entre l’entraînement au combat, la forge, le potager, les discussions philosophiques et la bibliothèque. Ce havre de paix propose un modèle en prolongement des insurrections dans la Péninsule, le pays de cocagne où s’embrasent des révoltes paysannes matées par les seigneurs. La nécessité de se protéger de la violence et de la domination masculine justifie l’expression d’un féminisme radical poussé jusqu’au rejet des hommes. 

Le débat est posé, et si le féminisme inspire les bases de l’utopie contemporaine, la révolution sociale qui s’annonce ne se fera pas sans un esprit d’égalité paritaire. C’est ce que prône le double personnage Frida-Hellier à la jonction entre les deux, porteur de l’utopie réconciliatrice, de la « grande et belle cause ». 

Cyril résume : C’est comme un échiquier politique : au gré des jeux de pouvoir et des rapports de force, chaque personnage incarne une pensée ou une idée en fonction de ce qu’il est et fait dans l’histoire. 

(…) Transporté dès les premières planches, en doubles pages enluminées, le lecteur pénètre dans les enchantements du bois d’Armand, au milieu des arbres noueux d’une forêt ensorcelée. Le sortilège graphique opère dans les tons chauds d’un récit inspiré par l’esthétique médiévale, dans une orfèvrerie de couleurs numériques dont Cyril Pedrosa a le secret. « Je me suis inspiré des fresques et des tapisseries médiévales que j’ai cherché à réintroduire dans ces doubles pages. J’ai même pensé un temps pouvoir déplier des pages en accordéon comme dans un leporello. » 

Dans les vues d’ensemble, les cortèges et les armées déambulent dans les paysages fabuleux où les dialogues suivent le dessin en hommage à cette proto-bande dessinée médiévale qui inventait la narration dans l’image. Moins naturaliste que dans Portugal ou Les Équinoxes, cédant les jeux de transparence aux contrastes renforcés, la couleur fait partie intégrante d’une narration qui chapitre les séquences en variations de tonalité, selon qu’on ajoute ou enlève une teinte au gré des glissements spatio-temporels. (…) Dans un vocabulaire graphique et une construction inspirée par l’esthétique médiévale, le trait animé par un découpage épique vire parfois à l’abstrait. « C’est toujours compliqué d’ajuster son graphisme à l’histoire. Roxanne m’a bien aidé. Je me suis imprégné de toute l’imagerie de la fin du Moyen Âge, juste avant la Renaissance et l’apparition de la perspective, en jouant sur les mises à plat dans l’image de certains éléments et surtout en reprenant les répétitions de personnages dans la même image, un procédé narratif très commun pour l’époque, propre à toute cette communication visuelle destinée à un peuple qui ne sait pas lire, par exemple dans les retables ou les vitraux », ajoute-t-il.

 Cyril conclut : « On voulait vraiment favoriser le plaisir de lecture, surtout ne pas faire quelque chose de théorique. C’est l’action qui raconte, qui démontre. Sans forcément convaincre le lecteur, on souhaite toucher le plus de monde possible ! » C’est tout le charme de cette utopie. »

Publié chez Dupuis, collection Air Libre

Apéro-dédicace des deux auteur-e-s de 18H à 20H aux Bien-aimés             

Entrée libre

 

SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 SEPTEMBRE – TOUTE LA JOURNEE

STAND DE LIVRES AU MARCHE DES ECOSSOLIES A LA FOLIE DES PLANTES

Où ?? Au parc du Grand Blottereau à Nantes !

Pour la 31ème édition de la Folie des Plantes, principale manifestation florale du grand ouest, Le Marché des Ecossolies revient pour donner une place à part entière à l’économie sociale et solidaire au sein de cet événement qui accueille près de 40 000 personnes chaque année; en réservant un grand espace d’information, de sensibilisation et de vente aux acteurs et aux actrices de l’économie sociale et solidaire ayant une activité en lien avec le végétal.
Cette année, la Folie des Plantes sera montée sur le thème « Musique et jardin ». Au programme, expositions-ventes de plantes, arbustes, outillage, ateliers, village solidaire, conseils avisés de près de 200 exposants experts en horticulture, rencontres et animations pour tous les publics.
La librairie Les Bien-aimés propose sur place un stand de livres dédié au vaste sujet des plantes et de la nature.
Le Parc du Grand-Blottereau est situé dans le sud-est de la Ville, quartier Doulon-Bottière, à deux pas de la Loire. Station de Tramway ligne 1 Mairie de Doulon. Station de Bus lignes 12, 75, 82, 92, arrêt Perrines.
Entrée libre

 

MERCREDI 19 SEPTEMBRE 2018 A 19H

RENCONTRE AVEC THIERRY FROGER POUR SON ROMAN DE RENTREE « LES NUITS D’AVA »

Rome, août 1958. Ava Gardner s’ennuie sur un tournage. Hors champ, elle invente la dolce vita avant Fellini. Par une nuit arrosée, la star entraîne son chef opérateur, le timide Giuseppe Rotunno, dans une séance photo inspirée des grands nus de l’histoire de l’art. Dont un scandaleux tableau de Courbet… peint d’après photographie.
Les Nuits d’Ava raconte ce moment de bascule où Ava Gardner affronte l’érosion de sa propre image en s’adonnant à toutes les dérives. Et l’obsession parfois distraite d’un certain Jacques Pierre, historien fantasque, qui s’improvise détective sur les traces des quatre clichés produits cette nuit-là.
Avec une aisance joueuse et impertinente, Thierry Froger circule des cimes du glamour hollywoodien aux questionnements de l’adolescence provinciale, des vertiges de la gloire aux gouffres de la solitude, et slalome gracieusement entre les débats idéologiques agitant deux générations françaises et les coulisses crapuleuses du pouvoir américain des années 1950 à 1970.
Roman-tourbillon, enquête et rêverie, Les Nuits d’Ava orchestre une réflexion amusée et mélancolique sur notre rapport à l’image et aux icônes. On y explore les aléas de la construction et de la déconstruction de soi, l’invention de l’histoire et de notre modernité. Le tout dans la légère sensation d’ivresse des amitiés naissantes.
                                                                                                                                                                                   Publié par les éditions Actes Sud / sortie en août 2018
                                                                                                                                                                                                                       Thierry Froger, né en 1973, enseigne les arts plastiques. Son travail questionne les transports de l’image, ses fragilités et ses fantômes (réels ou imaginaires, cinématographiques ou historiques).
En 2013, il publie un recueil de poèmes, Retards légendaires de la photographie, (Flammarion, prix Henri-Mondor de l’Académie française en 2014). Sauve qui peut (la révolution) est son premier roman, pour lequel il a reçu le Prix Envoyé par la Poste.
                                                                                                                                                                                       La soirée sera animée par un autre spécialiste d’Ava Gardner,
Laurent Dolet

 

Entrée libre

 

SAMEDI 29 SEPTEMBRE / DE 14H30 A 19H30 / DANS LE CADRE DES 40 ANS DE L’ASSOCIATION SOLIDARITE FEMMES

 

 

 

 

 

 

 

Où ?? Au SOLILAB, 8 rue Saint-Domingue à Nantes !

Les Bien-aimés tiendront un stand de livres pour accompagner cette journée dédiée à l’anniversaire de Solidarité femmes et aux luttes féministes. Dans ce cadre-là, nous recevrons sur le stand l’écrivaine essayiste DOMINIQUE FOUFELLE pour son dernier essai : « Ô femmes et caetera, une histoire du féminisme » paru chez Quai des brunes.

On parle beaucoup du féminisme mais que recouvre ce mot ? Depuis le XIXe siècle, les femmes n’ont cessé de lutter pour obtenir l’égalité avec les hommes : elles se sont battues pour le droit de vote, pour disposer de leur corps et pour réhabiliter les minorités stigmatisées. Si des hommes s’unissent désormais aux femmes, l’égalité économique est loin d’être acquise en France, comme ailleurs dans le monde, et les violences faites aux femmes tuent chaque jour. Il ne s’agit pas de « prendre » le pouvoir mais de le partager… S’ouvrir au débat, mesurer le chemin accompli et celui qui reste à parcourir, tel est l’objet de ce livre qui s’adresse à toutes et à tous.

 

Dominique Foufelle, auteure (Gallimard, éditions du Chêne…) et journaliste, relaye les luttes en faveur de l’égalité hommes-femmes depuis de longues années. Après avoir participé à l’agence de presse féministe Les Pénélopes et en avoir codirigé le webmagazine, elle a rejoint l’association Emulsion (emulsion-photos.com) où elle oeuvre à transcrire la parole des femmes, notamment de quartiers populaires, dans des portraits, reportages et expositions photographiques sur le travail, l’exil, le sport.

Le livre est très séquensé. Les modules courts s’enchaînent. Ils sont brefs, faciles à lire, concis. L’illustration est riche, abondante et son déroulé raconte l’histoire des femmes et de leurs luttes.

Dominique FOUFELLE relaye les luttes en faveur de l’égalité hommes-femmes depuis de longues années. Après avoir participé à l’agence de presse féministe Les Pénélopes et en avoir codirigé le webmagazine, elle a rejoint l’association Émulsion (emulsion-photos.com) où elle œuvre à transcrire la parole des femmes, notamment de quartiers populaires, dans des portraits, reportages et expositions photographiques sur le travail, l’exil, le sport.

 

Entrée libre

Toutes les infos sur les 40 ans de Solidarité femmes sur http://solidaritefemmes-la.fr/nos-actions-et-evenements/

 

DU 11 OCTOBRE AU 8 NOVEMBRE 2018

4 DATES AUTOUR DE LA CAUSE ANIMALE, EN PARTENARIAT AVEC LE LIEU UNIQUE

 

1 – Jeudi 11 octobre 2018 au Lieu Unique – La philosophe Corine Pelluchon viendra parler des enjeux éthiques et politiques de la question animale.

2 – Jeudi 18 octobre 2018 au Lieu Unique – La doctorante en sociologie Catherine Remy évoquera l’évolution des frontières entre l’humanité et l’animalité, à travers la question de la mise à mort des animaux.

3 – Dimanche 21 octobre 2018 au Lieu Unique – Le réalisateur Pierre Creton (photo ci-dessus, dans « Secteur 545 ») viendra discuter de son cinéma totalement lié à la question animale, à l’issue des projections de deux de ses films documentaires « Secteur 545 » et « Va, Toto! »

Ci-dessous, des extraits de la critique de « Va, Toto! » parue dans Les Inrocks et signée Jean-Baptiste Morain :

« Le récit en toute liberté de l’amitié entre une vieille dame du pays de Caux et un marcassin recueilli dans le creux d’un chemin. A moins qu’il ne s’agisse d’une histoire de singes indiens. Ou des deux. Beau, bizarre, unique.

Bon. C’est super, Va, Toto !, le nouveau film de Pierre Creton, très connu des habitués du FID de Marseille où il a son rond de serviette depuis des années et on s’en réjouit. C’est sans doute son plus beau film à ce jour, le plus rond, le plus galvanisant, le plus joyeux.

Pierre Creton a pris la tangente avec le cinéma et l’art il y a plus vingt ans. Il tient une petite exploitation agricole (vaches laitières) dans le pays de Caux, et en même temps, il tourne des films semi-autobiographiques (on ne sait pas trop, en fait) avec ses amis, dont la plus fidèle est sans doute l’actrice Françoise Lebrun. Ariane Doublet, sa voisine documentariste, monte son film. Xavier Beauvois, le voisin de Bénouville, joue un rôle d’élu… Il met en scène des inconnus, les fait doubler par des acteurs de métier (voir générique à la fin de cet article).

On ne sait jamais très bien ce qui tient de la fiction ou du documentaire. Mais on est dans la vie de tous les jours, on n’entend pas de la musique à tous les coins de terre. L’image, très cadrée, posée, sent la terre, le lait, la mer aussi qui est à quelques dizaines mètres de là, au bas des falaises d’Etretat.

Il parle aussi de voyages lointains, les filme. Et de ses amours, très pudiques, avec des hommes, notamment son ami-amant Vincent.

Va, Toto ! c’est d’abord l’histoire de l’une de ses voisines de Vauttetot-sur-mer (jeu de mot avec le titre), Madeleine (Ghislaine Paul-Cavallier), qui recueille un jour un marcassin sur un sentier où sa mère a été tuée. Elle le prénomme Toto, et il partage sa vie. Cette femme de 77 ans de la bonne bourgeoisie s’est fait un ami : Toto, le marcassin qui aime tous les animaux de la ferme (on le voit souvent dans les pattes du chien de la maison). Ils se promènent dans la campagne, vont voir leur amie Monette. Premier problème : le sanglier est un animal nuisible alors normalement, il faudrait le tuer. Certains font pression.

Mais Creton ne s’en tient pas là, il rend tout romanesque. Vincent l’emmène dans un voyage d’étude en Inde. Creton n’est pas trop content, mais il y a les singes, et les singes vont tenir un grand rôle dans le film, parce qu’eux aussi sont menacés. Creton revient à Vattetot avec joie, parce qu’il préfère la Normandie, quand même.

Il fait alors la connaissance d’un de ses voisins, le bougon Joseph, qui a de gros problèmes de respiration et d’apnée du sommeil. Il doit dormir avec un appareil à compression d’oxygène. Il dort et rêve beaucoup. Tellement que si Pierre ne vient pas le réveiller, il ne se réveille jamais… Il raconte ses rêves à Pierre et on en profite.

Le film est tissé de petites rencontres drolatiques, comme celle de ces deux médecins indiens qui parlent longuement avec Vincent, dont on apprend que son rapport avec le singes remonte à l’enfance et que ces animaux sont liés à la maltraitance que lui infligeait son père… Avec Sabine Haudepin, Madeleine parle d’espèces de roses et c’est passionnant. tout entre dans le film et pourtant il n’est jamais lâche dans sa forme.

(…) c’est un film infiniment singulier, une film serein sur les rapports entre le réel et l’imaginaire, et, étrangement, sur les rapports entre les hommes et la nature, même si elle est mise en danger. C’est un film extrêmement tendre sur l’amour, charnel aussi, sur les liens entre tous les êtres vivants. Sans envolées lyriques d’aucune sorte, au ras-du-sol, avec un brin de folie particulièrement réjouissant, une confiance inentamée dans la vie et les êtres. Va, Toto ! avance tranquillement, calme et têtu, écrasant tous les clichés sur son passage.

4 – Jeudi 8 novembre 2018 à 19h  aux Bien-aimés Rencontre croisée entre André-Joseph Bouglione, Sandrine Bouglione et Mauricio Garcia-Péreira

Le thème de la soirée sera la prise de conscience de la maltraitance animale dans le milieu professionnel, le cirque pour nos deux premiers invités et l’abattage pour M. Garcia-Péreira.

André-Joseph Bouglione est le petit-fils de Joseph Bouglione, l’un des quatre frères qui fonda ce cirque historique en 1924. André-Joseph a décidé de rompre avec la tradition familiale en ne travaillant plus à l’aide d’animaux. Cet ancien dompteur de tigre, directeur de son propre cirque, baptisé l’Ecocirque Joseph Boulgione, a alors déclenché la colère d’une partie de la profession.

André-Joseph et Sandrine Bouglione (photo) mènent désormais croisade pour ériger un nouveau modèle de cirque éco-responsable. Le livre « Contre l’exploitation animale » (Tchou éditions) relate ce parcours et milite pour en finir avec l’hypocrisie qui entoure la maltraitance des animaux de cirque.

 

Mauricio Garcia-Péreira (photo) vient de publier « Ma vie toute crue » (Plon éditions), un témoignage qui dénonce le scandale de l’abattoir de Limoges. Il est ce que l’on appelle un « lanceur d’alerte ». Embauché depuis 7 années dans cet abattoir, il a craqué et filmé ce qui l’horrifiait, notamment la mise à mort et la découpe de vaches alors même qu’elles sont à quelques jours de mettre bas. Il a décidé de filmer quand on lui a demandé de jeter un veau juste né dans la poubelle. Son récit revient sur les étapes de sa prise de conscience sur l’inhumanité de la filière viande. « Voici mon témoignage. Celui d’une longue descente aux enfers, suivie d’une lente reconstruction. Mon récit est dur, parfois, mais il est nécessaire. Nous ne pouvons pas ignorer plus longtemps toute la souffrance que contient notre assiette. » Mauricio Garcia-Péreira

Entrée libre

 

 
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